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Bureau vert: Prêcher par l'exemple

Mille et une initiatives d’aménagement permettent de verdir l’environnement de travail. Exemples.

Martine Roux

En cherchant à louer un nouveau bureau pour loger sa soixantaine d’employés, la firme Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes (MSDL) s’est instinctivement tournée vers le centre-ville de Montréal, même si les loyers y sont plus chers que partout ailleurs dans la métropole.

« L’idée de base était la proximité d’une station de métro, explique Anik Shooner, associée. Les employés viennent travailler en transport en commun ou en vélo. Il n’y a pas de stationnement. »

Quant à Louis Laperrière, d’UBIQ Habitat, c’est avec un casque de vélo sous le bras qu’il serre la main de ses clients. Lorsqu’il ne se déplace pas sur deux roues, il utilise le transport en commun ou, si nécessaire, emprunte une voiture par l’entremise du système d’autopartage Communauto. Par principe, mais aussi parce que causer bâtiment durable avec le client alors que les clés du 4 X 4 traînent sur la table, ce n’est pas exactement cohérent…

En France, les bureaux qui adhèrent aux plans de déplacement entreprises (PDE) déploient un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements professionnels autrement qu’au moyen de la voiture individuelle. Il n’existe pas encore d’incitatif de ce genre au Québec, mais on peut s’appuyer sur quelques ressources tel le Guide du bureau vert (en cours de réimpression), publié par la Jeune Chambre de commerce de Montréal. Outre les transports et l’évidente cueillette des matières recyclables, ce guide arc-boute les initiatives vertes autour de deux autres axes, la cuisine et les fournitures de bureau et électroniques.

Ainsi, chez MSDL, des pâtes alimentaires remplacent les bâtonnets de bois servant à remuer le café. Pour faire échec aux contenants jetables, de la vraie vaisselle garnit les armoires. Fini l’eau embouteillée et la livraison par camion de nouveaux cruchons : un système de filtrage et de refroidissement de l’eau de la municipalité est désormais utilisé. Enfin, on a favorisé la lumière naturelle, opté pour des fluorescents et choisi des équipements électriques peu énergivores.

La règle d’or : sensibiliser les employés vis-à-vis de leur consommation. « On a créé un bon système de classement informatique afin de trouver facilement un dossier, voire faciliter sa consultation à l’écran », poursuit Anik Shooner. Les 60 employés se partagent deux imprimantes – l’une couleur, l’autre noir et blanc – et un commis se charge même de superviser les impressions afin d’éviter le zèle de certains employés…

Achats avisés, mise au rebut respectueuse de l’environnement, réduction à la source des matières résiduelles sont d’autres moyens de diminuer l’empreinte du bureau. Enfin, pourquoi ne pas inviter les employés à former un comité qui fera des propositions visant à verdir l’environnement de travail? Après tout, le bon vieux principe de la boîte à suggestions a déjà fait ses preuves…