Unité de soin CURApod, aménagée dans dans un conteneur
CURApod, Turin, Carlo Ratti Associati/ Italo Rota & Partners. Photo : Max Tomasinelli

Partout sur la planète, des architectes mettent leur savoir-faire et leur équipement à profit dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Survol de démarches inspirantes.

Des unités de soins dans des conteneurs



CURApod, Turin, Carlo Ratti Associati/ Italo Rota & Partners. Photo : Max Tomasinelli
Image : CURApods.org

Devant le besoin urgent d’augmenter la capacité d’accueil des hôpitaux, en particulier en soins intensifs, les architectes italiens Carlo Ratti et Italo Rota ont dessiné des plans permettant d’aménager dans des conteneurs de 6 m des unités temporaires de soins intensifs avec chambres de confinement à pression négative.

Leur projet se nomme CURA, non seulement l’acronyme de Connected Unit for Respiratory Ailments, mais un mot
qui signifie aussi « soin » ou « traitement » en italien.

La première de ces installations a été construite à Turin, dans le nord de l’Italie. Elle est en fonction depuis avril. L’équipe derrière le projet CURA offre ses plans en libre accès.

Dix jours pour transformer un centre d’exposition en hôpital


ExCel London NHS Nightingale, Londres, BDP Photo : BDP

Convertir l’ExCeL London, le centre de congrès et d’exposition de Londres, en un hôpital temporaire en moins de 10 jours : voilà l’exploit qu’a réalisé la firme britannique BDP en collaboration avec l’entrepreneur en construction CFES et des consultants du domaine de la santé.

Neuf jours après le début des travaux, cet hôpital de campagne nommé NHS Nightingale Hospital comptait 500 lits; il pourrait à terme en accueillir 4000.

Les interventions incluent la construction de couloirs et de postes d’accueil pour lits, à l’aide du matériau habituellement employé pour fabriquer des stands d’exposition, et une augmentation de l’alimentation en électricité du site.

La firme a publié un « manuel d’instruction » afin que son expérience puisse être utile à d’autres conversions de ce type.

La certification WELL se réinvente

Établie à New York, ville durement touchée par la COVID-19, l’organisation derrière la certification WELL, l’International WELL Building Institute (IWBI), n’a pas tardé à réagir. Elle a mis sur pied un comité pour revoir les critères de sa certification mesurant le bien-être des occupants d’un bâtiment. Ce comité réunit d’éminents chercheurs en santé publique, dont l’ancien directeur de la santé publique (Surgeon General) des États-Unis Richard Carmona.

L’IWBI a aussi mandaté ce comité pour formuler des lignes directrices et proposer des interventions concrètes afin que les bâtiments puissent jouer un rôle dans la prévention, la préparation, la résilience et le rétablissement face à la pandémie de COVID-19 et aux autres infections respiratoires.

L’organisation offre depuis le mois d’avril des webinaires gratuits et des articles de réflexion à ce sujet, sous le mot d’ordre Places Matter (« les lieux comptent »). Consulter ces contenus

Lignes directrices pour l’aménagement d’hôpitaux temporaires

Dès le mois de mars, l’American Institute of Architects (AIA) a formé, en réponse à la pandémie de COVID-19, un groupe de travail spécial rassemblant des experts en aménagement d’établissements de santé, en santé publique et en urbanisme.

Dirigé par la chercheuse en santé publique Molly M. Scanlon, le groupe a publié à la mi-avril un premier guide destiné aux architectes qui doivent épauler les autorités sanitaires dans la transformation de bâtiments tels qu’hôtels, arénas ou centres communautaires en cliniques temporaires, pavillons d’accueil ou lieux de quarantaine.

Dans le même esprit, la firme new-yorkaise HKS Architects a publié une série d’études conceptuelles en vue de la conversion d’hôtels, d’écoles secondaires et autres grands édifices en hôpitaux de campagne.

L’AIA a par ailleurs mis en ligne une carte collaborative où les architectes sont invités à afficher et à décrire leurs réalisations visant à lutter contre la pandémie.

Fabrication numérique d’écrans faciaux

Prototype d’écran facial, Foster + Partners. Photos : Aaron Hargreaves

Votre firme possède une imprimante 3D ou une machine de découpe au laser ? Ces appareils pourraient être mis au service de la production d’écrans faciaux pour les travailleurs de la santé.

L’hôpital Michael Garron de Toronto a en effet sollicité les propriétaires d’imprimantes 3D, leur demandant de produire des serre-tête d’écrans faciaux selon des plans dessinés par un enseignant torontois spécialisé en robotique.

D’autres appels semblables ont été lancés à travers le monde, y compris au Québec, sur le site Covid3dqc.ca.

Au Royaume-Uni, HTA Design est de ceux qui ont répondu présents. Quatre de ses imprimantes 3D, maintenant installées chez des employés de la firme, servent à la production d’écrans faciaux pour le personnel soignant. Il faut 30 minutes pour en imprimer un exemplaire.

La firme britannique Forster + Partners s’est quant à elle tournée vers la découpe au laser pour produire le prototype d’écran facial qu’elle a mis au point et dont elle a publié les plans sous licence Creative Commons. « Avec une seule machine à découper, nous avons réussi à tailler et à assembler les pièces de 1000 écrans faciaux en une journée », lit-on sur le site Web de la firme.

Réutilisable, ce prototype serait en outre facile à démonter pour le nettoyage et la désinfection. Il contribuerait ainsi à réduire l’empreinte écologique de la production d’équipement médical. Il est actuellement à l’essai dans des hôpitaux londoniens.