Ateliers CMAQ
Des ateliers organisés par le CMAQ qui permettent aux architectes de mieux comprendre le travail des artisans.
Photo : CMAQ

Envie d’en savoir plus sur les matériaux, les bonnes pratiques et les connaissances pointues des gens de métier ? Voici un aperçu des activités de formation que proposent les associations qui regroupent ces travailleurs et artisans.

Couvreurs, maçons, entrepreneurs en revêtements muraux et artisans du patrimoine bâti proposent tous des activités de formation continue auxquelles les architectes sont les bienvenus. Elles offrent l’occasion d’acquérir des connaissances techniques tout en élargissant son réseau.

Certaines de ces activités figurent au calendrier de l’OAQ. Pour découvrir les autres, il faut visiter les sites Internet des associations, consulter leurs comptes dans les médias sociaux ou s’abonner à leur infolettre. 

Puisque ces activités de formation portent essentiellement sur des aspects techniques, elles répondent à l’obligation imposée aux architectes de suivre 40 heures de formation continue par cycle. (Rappelons que celui qui est en cours se termine le 30 juin 2020.)

Ces activités constituent aussi un lieu d’échange et de rapprochement entre architectes et gens de métier. Plus on comprend le travail de l’autre, plus on établit des devis précis et mieux se déroule la collaboration sur le chantier !

Patrimoine

Si le patrimoine bâti et les secrets de sa restauration vous intéressent, suivez de près l’annonce des dates des ateliers de la série Architectes et artisans, une collaboration bénéfique avec le Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ). 

D’une durée d’une journée, chaque activité de formation est consacrée à un matériau : pierre, métal, bois, vitrail, plâtres et enduits ainsi que décors peints et dorés. Elle a lieu en atelier, en présence de l’artisan, qui est, la plupart du temps, secondé par un restaurateur du Centre de conservation du Québec. Seulement huit personnes à la fois peuvent y assister.

« C’était impressionnant de se retrouver dans la forge, à regarder le forgeron travailler », indique l’architecte Louis Brillant, dont le principal domaine d’exercice est la restauration de bâtiments patrimoniaux. « Pouvoir rencontrer des artisans dans leur lieu de travail pour mieux comprendre les exigences relatives à leur métier et échanger avec des collègues architectes qui font face aux mêmes défis, c’est magnifique », ajoute-t-il.

« Ces activités en petits groupes permettent de tisser des liens durables entre architectes et artisans, affirme Marie-France Girard, chargée de projet, Architecture et patrimoine au CMAQ. Quand ils doivent intervenir sur des bâtiments patrimoniaux, les architectes ont besoin de consulter les artistes ou les ouvriers spécialisés pour être plus précis dans leurs plans et devis. » 

La série se déroule l’automne et l’hiver, à raison d’un vendredi par mois. Le 7 février 2020, le CMAQ offre Les plâtres et enduits avec Élizabeth Cloutier et Daniel-Jean Primeau. Au printemps suivront Le métal et le métier de forgeron et de ferronnier d’art, avec Mathieu Collette, maître forgeron et fondateur des Forges de Montréal (17 avril), et Le vitrail et le métier d’artisan verrier, avec Jean-Yves Richard, de l’atelier In-Vitraux (29 mai).

Toiture

L’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ) offre chaque hiver environ huit activités de formation portant sur des aspects techniques (membranes, adhésifs, etc.), sur l’interprétation du devis et sur le contrôle de la qualité en matière d’installation de toitures. Elles ont lieu de la fin janvier à la fin mars.

« Toutes les formations offertes par l’AMCQ peuvent intéresser les architectes, affirme le formateur et consultant Guy Lalonde, lui-même architecte. Je recommande en particulier la formation Interprétation du devis de l’AMCQ [3,5 heures]. On y présente les principales exigences techniques de l’Association. » Ce cours permet de mieux se retrouver dans la documentation de l’AMCQ et de mettre plus facilement en application ses exigences techniques, qui vont souvent au-delà des codes de construction et même au-delà des directives des manufacturiers, encore plus pointues. Lorsqu’il est conforme aux exigences de l’AMCQ, le travail des membres devient en outre admissible au certificat de garantie de 10 ans du programme d’assurance qualité de l’Association. 

La présence des architectes aux activités de l’AMCQ est d’ailleurs souhaitée. « Architectes et couvreurs ont beaucoup en commun sur le plan des objectifs de qualité », souligne Guy Lalonde.

Enveloppe du bâtiment

L’Association des entrepreneurs en revêtements muraux du Québec (AERMQ) tiendra, le 5 février prochain, l’évènement Destination 2020, au Complexe Desjardins, à Montréal. Comme lors des deux présentations précédentes, un volet entier y sera réservé aux architectes et aux étudiants en architecture. Le thème de l’activité sera dévoilé en janvier.

Cette activité de formation gratuite de quatre heures comprend un accès au salon des exposants, qui regroupe des fournisseurs et des entrepreneurs membres de l’AERMQ.

« C’est un évènement très attendu, prévient le directeur technique de l’Association, François Racine. L’an dernier, nous avons rapidement atteint les 200 inscriptions. »

Maçonnerie

L’Association des entrepreneurs en maçonnerie du Québec (AEMQ) tiendra son prochain Sommet de la maçonnerie le 20 février 2020, à l’hôtel Crowne Plaza de l’Aéroport international Montréal-Trudeau.  

En matinée, les participants pourront assister à une conférence sur l’entretien et la conservation des ruines avec un expert en maçonnerie du Yucatán (Mexique). Elle sera suivie de la présentation d’un banc d’essai sur la masse thermique auquel a pris part la firme BGA architectes.

En après-midi seront présentées deux études de cas ainsi qu’un cours sur la mise à jour des codes et normes qui touchent la maçonnerie. L’Expo Maçonnerie, en fin de journée, mettra en lumière les dernières tendances adoptées par les fabricants et fournisseurs du domaine.

L’un des objectifs du Sommet est de rapprocher les professionnels, dont les architectes, des entrepreneurs en maçonnerie, selon le directeur général de l’AEMQ, Martin Cormier. « On souhaite que les entrepreneurs travaillent mieux avec les architectes. »

L’architecte Claude Frégeau s’est rendu au Sommet de la maçonnerie en 2019 dans le but d’y trouver des réponses à des questions techniques pointues. Il effectuait une expertise légale sur la maçonnerie d’un pavillon de l’Université de Montréal qui s’était fissurée et qu’il fallait refaire à neuf. Les propriétés de la brique et du mortier étaient en cause. « Les fabricants de brique et de mélange à mortier ne me donnaient pas le même son de cloche, raconte-t-il. Au Sommet, j’ai profité des périodes de réseautage pour interroger plusieurs sommités. » Toutes n’avaient pas la même opinion, mais la plupart lui ont recommandé une solution, qui s’est révélée être la bonne.