Esquisses, vol. 30, no 1, printemps 2019

Verdissement1% pour les infrastructures vertes

Murs végétalisés, Vancouver
Photo : Louise Hénault-Ethier, Fondation David Suzuki

Un parc urbain, une allée d’arbres, des bassins de rétention, des fossés... Toutes ces infrastructures vertes ont le potentiel d’absorber les eaux de pluie, de réduire leur ruissellement et, par conséquent, d’atténuer les risques d’inondation. On sous-estime toutefois leurs avantages économiques. «L’environnement, sur le plan comptable, c’est comme la culture. On le voit comme une dépense sans voir le potentiel de rendement de l’investissement», explique Jérôme Dupras, professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais.

S’inspirant de la Politique d’intégration des arts à l’architecture selon laquelle 1 % du budget de construction d’un bâtiment ou d’aménagement d’un site public doit être alloué à une œuvre d’art, un groupe d’acteurs a proposé de consacrer 1 % de ce budget à une infrastructure verte. «L’idée est de faire un parallèle avec les bénéfices sociaux que peut apporter la culture», poursuit Jérôme Dupras.

Le projet est porté par des ONG environnementales, comme la Fondation David Suzuki, et par des organisations publiques et parapubliques comme l’Institut national de santé publique du Québec, qui y voit des retombées bénéfiques pour la santé. En effet, verdir les villes diminue les îlots de chaleur et améliore la qualité de l’air. Le 1 % pourrait financer la construction d’une infrastructure verte ou encore l’acquisition d’un milieu naturel pouvant servir d’espace de liberté pour l’eau en amont d’une ville. Les modalités d’application sont loin d’être définies, mais étant donné l’importante mobilisation pour la réalisation de ce projet, Jérôme Dupras ne serait pas étonné de le voir transformé en politique d’ici quelques années. (par Valérie Levée)