Esquisses, vol. 22, no 2, été 2011

Méthodes douces

Maison atelier du Moine urbain, Gabriel Rousseau architecte. Photo : Marcel Mueller

Plusieurs approches holistiques de l’architecture mettent la santé des occupants au premier plan. Comment séparer le bon grain de l’ivraie?

 

Corinne Fréchette-Lessard

Quelle est la principale caractéristique d’une maison saine? Une bonne efficacité énergétique? Une empreinte écologique réduite? « Le premier critère est la santé des occupants », affirme Jean-Pierre Desjardins, chargé de cours et l’un des instigateurs du certificat en ressources énergétiques durables de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Une préoccupation qu’on retrouve aussi dans beaucoup d’approches holistiques, comme le feng shui, la baubiologie, la géobiologie ou encore l’architecture védique. « Le problème, c’est que ces approches n’ont pas de bases scientifiques », estime l’universitaire.

Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont sans intérêt. Par exemple, la baubiologie – née en Allemagne vers la fin des années 1960, au moment où beaucoup de résidants des habitations construites après la Deuxième Guerre mondiale souffraient de divers maux – veut notamment minimiser l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM). « Le sujet est encore controversé, explique Jean-Pierre Desjardins. Pour l’instant, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît que 3 % de la population est électrohypersensible, mais prétend que les CEM ne posent pas de problème pour la santé. Ça pourrait changer. Ça a pris 50 ans avant qu’on admette que la cigarette était nocive! » La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) inclut d’ailleurs cette notion dans sa définition de maison saine.

Idem pour le feng shui, l’art chinois millénaire qui vise à optimiser les flux du Qi (énergie vitale) pour favoriser la santé, le bien-être et la prospérité des occupants. Une foule de principes déterminent le site, l’orientation, les formes, la disposition des pièces et les matériaux d’un bâtiment. « Les gens se sentent bien dans les endroits aménagés selon les principes du feng shui, qui ont une belle lumière, sont ouverts, et ont des proportions agréables. Est-ce dû aux énergies subtiles [non observables par les cinq sens] ou simplement au fait que c’est un bel aménagement? La question se pose, mais on n’a pas la réponse. »

Selon Jean-Pierre Desjardins, mieux vaut se fier au concept de maison saine de la SCHL, plus concret. L’organisme a déterminé cinq critères qui sont, par ordre d’importance : la santé des occupants, l’efficacité énergétique, l’utilisation efficace des ressources, la responsabilité environnementale et l’abordabilité.

Scandinave-Les-Bains, Saucier Perrotte architectes. Photo : Marc Cramer
Maison atelier du Moine urbain, Gabriel Rousseau architecte. Photo : Marcel Mueller

Plusieurs approches holistiques de l’architecture mettent la santé des occupants au premier plan. Comment séparer le bon grain de l’ivraie?

 

Corinne Fréchette-Lessard

Quelle est la principale caractéristique d’une maison saine? Une bonne efficacité énergétique? Une empreinte écologique réduite? « Le premier critère est la santé des occupants », affirme Jean-Pierre Desjardins, chargé de cours et l’un des instigateurs du certificat en ressources énergétiques durables de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Une préoccupation qu’on retrouve aussi dans beaucoup d’approches holistiques, comme le feng shui, la baubiologie, la géobiologie ou encore l’architecture védique. « Le problème, c’est que ces approches n’ont pas de bases scientifiques », estime l’universitaire.

Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont sans intérêt. Par exemple, la baubiologie – née en Allemagne vers la fin des années 1960, au moment où beaucoup de résidants des habitations construites après la Deuxième Guerre mondiale souffraient de divers maux – veut notamment minimiser l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM). « Le sujet est encore controversé, explique Jean-Pierre Desjardins. Pour l’instant, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît que 3 % de la population est électrohypersensible, mais prétend que les CEM ne posent pas de problème pour la santé. Ça pourrait changer. Ça a pris 50 ans avant qu’on admette que la cigarette était nocive! » La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) inclut d’ailleurs cette notion dans sa définition de maison saine.

Idem pour le feng shui, l’art chinois millénaire qui vise à optimiser les flux du Qi (énergie vitale) pour favoriser la santé, le bien-être et la prospérité des occupants. Une foule de principes déterminent le site, l’orientation, les formes, la disposition des pièces et les matériaux d’un bâtiment. « Les gens se sentent bien dans les endroits aménagés selon les principes du feng shui, qui ont une belle lumière, sont ouverts, et ont des proportions agréables. Est-ce dû aux énergies subtiles [non observables par les cinq sens] ou simplement au fait que c’est un bel aménagement? La question se pose, mais on n’a pas la réponse. »

Selon Jean-Pierre Desjardins, mieux vaut se fier au concept de maison saine de la SCHL, plus concret. L’organisme a déterminé cinq critères qui sont, par ordre d’importance : la santé des occupants, l’efficacité énergétique, l’utilisation efficace des ressources, la responsabilité environnementale et l’abordabilité.

Scandinave-Les-Bains, Saucier Perrotte architectes. Photo : Marc Cramer