Esquisses, vol. 24, no 4, hiver 2013-2014

Sur la place publique

Loi sur les architectes

Cinq ans après le début des travaux de l’Ordre dans ce dossier, la Commission des institutions de l’Assemblée nationale a enfin étudié, les 7 et 8 novembre, le projet de loi 49, Loi modifiant diverses lois professionnelles et d’autres dispositions législatives dans le domaine des sciences appliquées. L’Ordre a d’ailleurs été invité à intervenir, tout comme les 11 autres associations ou ordres professionnels concernés. Rappelons que si le projet de loi est adopté, la Loi sur les architectes sera profondément modifiée. 

Lors de son intervention, l’OAQ a rappelé qu’il a participé activement à la rédaction de la proposition de nouvelle Loi sur les architectes et qu’il souhaite que celle-ci entre en vigueur. Cette dernière renforcera en effet de façon significative la protection du public, notamment en rendant obligatoire la surveillance des travaux par un architecte pour les bâtiments assujettis de plus de 600 m2. Par ailleurs, le rôle de l’architecte sera précisé, ce qui constitue également une avancée intéressante pour la profession et pour le public. Histoire à suivre.

 

Pont Champlain

Vous savez sans doute que l’Ordre réclame depuis plusieurs mois que la conception du futur pont sur le Saint-Laurent fasse l’objet d’un concours international d’architecture et d’ingénierie. Ce dossier, qui est loin d’être clos, a récemment fait l’objet de nouvelles interventions de l’OAQ.

La présidente Nathalie Dion a fait parvenir à Denis Lebel, ministre chargé du dossier à Ottawa, une lettre accompagnée de la déclaration intitulée « Pont Champlain : un concours est la meilleure solution ». Celle-ci a été appuyée par les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal – Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly – en plus d’être endossée par 150 personnalités du milieu des arts, des affaires, de l’architecture et du design, auxquelles se sont ajoutés en quelques jours 482 autres signataires. 

Cet appui consolide d’autres prises de position en ce sens : celles des élus de la Communauté métropolitaine de Montréal, des élus du Conseil municipal de Montréal et du gouvernement du Québec. À l’échelle locale, le consensus n’en est apparu que plus évident.

Par ailleurs, l’OAQ a participé aux discussions du groupe de travail mis sur pied conjointement par la Ville de Montréal et Transports Canada pour étudier différentes avenues quant à la conception du pont. Il a été démontré que l’organisation d’un concours était possible malgré les contraintes liées aux échéances et aux budgets. Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement fédéral n’avait toujours pas pris sa décision dans ce dossier, bien qu’elle soit attendue d’ici la fin de l’année.

(Photo: Martin Dubé) 

 

Mémoires

La Ville de Montréal a-t-elle les moyens de ses ambitions ? C’est la question que pose l’Ordre dans le mémoire qu’il a déposé devant l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) et qui porte sur le Plan de développement de Montréal. Le document, soumis à la consultation à la fin de l’été, définit les grandes orientations de la Ville sur un horizon de 20 ans. La nécessité d’un cadre bâti de qualité, notamment, y tient une place importante. Dans sa contribution, l’OAQ se réjouit du travail mené par la Ville pour faire le bilan de ses forces et faiblesses et le rattacher à une vision pertinente, mais s’inquiète de l’absence de plan et de moyens de mise en œuvre.

« Politique énergétique pour le Québec : Passer à l’action ! » est le titre du mémoire que l’Ordre a par ailleurs déposé en octobre auprès de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec. Il y propose des pistes de solution concrètes en se concentrant sur l’efficacité énergétique des bâtiments et la planification du territoire. Comme le gouvernement vise l’indépendance énergétique du Québec de même qu’une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 % (par rapport au niveau de 1990) d’ici 2020, les architectes seront mis à contribution, notamment pour réduire la consommation énergétique des bâtiments. Un programme d’envergure, mais nécessaire. 

Notons enfin que ces prises de position et cette participation aux consultations sont loin d’être inutiles : elles trouvent un écho auprès des décideurs et contribuent à faire progresser des dossiers d’intérêt public concernant la protection du public et l’architecture. Par exemple, le rapport de consultation de l’OCPM sur le Plan de développement urbain, économique et social (PDUES) des secteurs Marconi-Alexandra, Atlantic, Beaumont et De Castelneau cite abondamment l’Ordre. À la suite de cette publication, la Ville de Montréal a fait évoluer le PDUES afin de prendre en compte plusieurs des commentaires émis par les participants et relayés par l’OCPM, dont ceux de l’Ordre.

Vous pouvez bien sûr prendre connaissance des mémoires de l’Ordre en cliquant ici. Bonne lecture !

 

 

Concours d’architecture : de nouvelles règles

Avis à tous ceux qui participent à des concours d’architecture ou en organisent : l’ancien Guide des concours vient d’être remplacé. Le nouveau document encadrant l’approbation des concours par l’Ordre, désormais intitulé Règles d’approbation des concours d’architecture, est mieux adapté aux enjeux actuels. Ce travail a été mené par le Comité des concours de l’OAQ à la lumière des commentaires soumis par les maîtres d’ouvrage, les architectes, les membres de jurys et les conseillers professionnels. 

Ainsi, un nouveau préambule précise les multiples avantages du concours d’architecture. Plusieurs articles ont été reformulés tandis que d’autres ont été ajoutés afin d’éviter les divergences d’interprétation, notamment au sujet des conflits d’intérêts. Les rôles du conseiller professionnel, le contenu des documents du concours, les règles de constitution du jury, la rémunération des finalistes et les définitions ont également fait l’objet de révisions. Pour consulter les nouvelles Règles, rendez-vous au oaq.com, sous « Concours d’architecture ».

Bibliothèque du Boisé de l'arrondissement Saint-Laurent (Montréal), Cardinal Hardy, Labonté Marcil, Éric Pelletier architectes en consortium. <br \>Photo: Yien Chao

Réduction de la durée du stage

Depuis cet automne, le parcours des futurs architectes s’est sensiblement transformé : la durée totale du stage est passée de 5600 heures à 3720 heures, soit environ deux ans au lieu de trois.

En plus de modifier le programme de stage, le Règlement sur les autres conditions et modalités de délivrance des permis de l’Ordre actualise l’accès à la profession. Il est entré en vigueur le 13 octobre.