Esquisses, vol. 24, no 4, hiver 2013-2014

MultimédiaLivres et balados

Old Buildings New Forms : New Directions in Architectural Transformations

Françoise Astorg Bollack

Intervenir sur l’ancien est une tâche délicate pour l’architecte qui, à la sortie de l’école, aspire surtout à créer à partir de rien. Tout au plus a-t-il appris des techniques de restauration, constate l’auteure, elle-même architecte. Elle tâche donc dans cet ouvrage de prouver que la réutilisation de structures existantes n’est en rien un obstacle à la créativité et que le patrimoine ne s’oppose pas au contemporain. Le bouquin est découpé selon les différentes stratégies d’intervention possibles. Parmi celles-ci, notons l’« insertion », quand le bâti existant peut servir de nid à la nouvelle architecture, l’« emballage », qui consiste à protéger l’ancien bâtiment avec une enveloppe contemporaine ou encore l’approche « parasite », qui vise à faire cohabiter la nouvelle et l’ancienne structure afin qu’elles tirent parti de leur présence réciproque. Les exemples qui appuient la thèse rendent la démonstration fascinante.

The Monacelli Press, 2013, 224 pages

 

Tous banlieusards : L’hégémonie d’un idéal urbain

Le dossier de ce numéro 301 de la revue Liberté est sous-titré Comment le modèle de la banlieue est devenu le miroir de notre condition. On y trouve une diversité d’articles qui explorent, chacun à leur manière, comment le Québec est passé des villes et villages à une culture de la banlieue qui n’a pas fait que s’inscrire entre les deux, mais a aussi déteint sur les villes et les villages mêmes. Les effets s’en font ressentir autant dans le paysage, le cadre bâti et les modes de vie que dans l’état d’esprit des individus et de la société. Un texte drôle décrypte ainsi la « langue du Dix30 », c’est-à-dire la façon dont les promoteurs vendent ce quartier posé au milieu des champs. Il ne s’agit pas pour autant d’un dossier à charge contre la banlieue. Son potentiel urbanistique est évoqué et une certaine tendresse transparaît pour ce rêve typiquement américain et ceux qui y ont cru ou y croient encore.

Liberté, numéro 301 (automne 2013), 84 pages

  

El Croquis, numéro 167

Publiée à Madrid six fois l’an depuis 1982, cette revue consacre chacun de ses numéros à l’œuvre complet d’un architecte célèbre. Si vous ne la connaissez pas encore, nous vous la recommandons chaudement, car c’est une incontournable source d’architecture contemporaine. Les projets y sont présentés de façon sobre mais détaillée, et pas un angle n’est négligé : photos, esquisses, plans, tout cela magnifiquement illustré. Dans ce numéro, c’est le travail de l’architecte chilien Smiljan Radic qui est à l’honneur. On peut remarquer son intérêt pour les constructions temporaires, la plus marquante d’entre elles, nommée Room, étant reconnaissable à son toit rouge en pente. On dévore avec plaisir cette revue intelligente et touffue qu’on laisse volontiers traîner sur la table basse !

Rédacteurs en chef : Fernando Márquez et Richard Levene, Madrid, 285 pages

  

Rêver Montréal, 101 idées pour relancer la Métropole

Sous la direction de François Cardinal

En collaboration avec 80 personnalités issues de domaines variés, le journaliste François Cardinal propose ici un regard résolument optimiste tourné vers l’avenir de la plus grande ville du Québec. Au fil des pages, on se met à rêver d’architecture, de places publiques, d’aménagement urbain axé sur la qualité de vie des citoyens, d’accès au fleuve et autres nobles idéaux. Éminemment concret, le bouquin fait régulièrement référence au plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), adopté en 2012, de même qu’aux projets d’architecture et d’urbanisme qui prendront forme au cours des prochaines années. On note d’ailleurs la participation de plusieurs professionnels de l’aménagement, dont l’ancien président de l’Ordre, André Bourassa, qui en appelle aux instances pour changer la culture du plus bas soumissionnaire. Et comment passer sous silence le cri du cœur de l’animateur Jean-René Dufort, dont le texte C’est long quand c’est laid ! plaide d’hilarante façon en faveur de la bonne architecture. Ce bouquin rédigé dans un langage simple captivera autant le public que les spécialistes de l’aménagement et, espérons-le, les élus !

Les Éditions La Presse, 2013, 280 pages

 

Wood – Architecture Now!

Philip Jodidio

En complément de notre dossier sur l’utilisation du bois en construction, quoi de plus naturel que de souligner la publication d’un beau livre consacré à ce noble matériau ? Loin des univers bétonnés et des intérieurs dépouillés auxquels cette collection nous a habitués, cet ouvrage regorge de constructions chaleureuses et lumineuses. Attention, il n’est pas consacré aux projets construits en bois d’ingénierie : on se doute que le matériau choisi ne provient pas toujours de forêts gérées de façon responsable, quand il ne s’agit pas de bois exotique. N’empêche, on perçoit aisément l’immense potentiel d’exploitation du bois en architecture de même que son indéniable beauté, qu’il soit exposé à l’intérieur ou à l’extérieur. Soulignons plusieurs œuvres inédites et originales, dont un café Starbucks japonais décoré de 2000 bâtons de bois, ou des abris destinés à protéger des vents les patineurs de la rivière Rouge, à Winnipeg. Un livre magnifique qui a en prime l’avantage de stimuler la fibre créatrice.

Taschen, 2013, 416 pages

 

Tous les gratte-ciel sont dans la nature

Didier Cornille

Plusieurs déplorent le fait que l’architecture ne soit pas enseignée dès l’école primaire. Eh bien, voici l’occasion d’initier les jeunes aux richesses de la discipline, et de jolie façon à part ça. Après avoir publié un premier ouvrage sur les habitations (Toutes les maisons sont dans la nature, chez le même éditeur), cette fois c’est dans le ciel que l’auteur a puisé son inspiration. De la tour Eiffel à la Burj Khalifa en passant par le Chrysler Building, Didier Cornille présente, dessine, décrypte les plus célèbres gratte-ciel du monde, et cela, simplement, sobrement, en quelques lignes appuyées par un trait minimaliste. Il présente aussi brièvement les créateurs de ces prouesses architecturales, portrait de son cru à l’appui. Ce livre a non seulement le mérite d’être l’un des rares de son espèce à expliquer l’architecture aux enfants, mais parions qu’il séduira aussi les adultes. De quoi susciter des vocations !

Hélium, 2013, 85 pages