Esquisses, vol. 26, no 1, printemps 2015

Autres certificationsSceaux groupés

Outre LEED, d’autres certifications environnementales  ont fait leur place chez nous ces dernières années, avec une notoriété variable. En voici un aperçu.

Mélissa Guillemette

 

 

BOMA BESt

Casino de Mont-Tremblant (certifié BOMA Best, convoite la certification LEED), Menkès Shooner Dagenais LeTourneux architectes. Photo : Marc Cramer

• Date et lieu de création : 2005,  au Canada

• Au Québec depuis : 2005

• Territoires couverts : Canada et États-Unis

• Types de bâtiments visés : commercial, industriel, institutionnel, résidentiel et établissements de soins de santé en exploitation depuis au moins un an

• Approche et caractéristiques distinctives : évalue la performance et l’entretien des bâtiments existants; six champs évalués : énergie, eau, réduction de déchets, émissions et effluents, environnement intérieur, système de gestion environnementale; généralement considérée comme étant moins exigeante qu’une certification LEED; pour l’obtenir, on doit remplir des questionnaires en ligne et recevoir la visite d’un évaluateur indépendant

• Principaux avantages : évalue la performance réelle des bâtiments en exploitation

• Principales critiques : le niveau 1 serait trop facilement réalisable, selon certains analystes

• Coût : de 1900 $ à 9100 $ environ pour une certification valide trois ans, selon le type de bâtiment et selon que le demandeur est membre ou non de BOMA Québec (l’Association des propriétaires et des administrateurs d’immeubles du Québec); au renouvellement, il faut refaire tout le processus

• Organisme de référence au Québec : Association BOMA Québec

• Organisme responsable : BOMA Canada

• Évaluateurs au Québec : quatre ingénieurs sous la direction de l’ingénieur et agent certificateur  André Chalifour

• Nombre de bâtiments certifiés au Québec : en décembre 2014, 355 bâtiments avaient une certification valide, dont le Carrefour Laval et le palais de justice de Drummondville

• Nombre de bâtiments en voie de certification au Québec : n. d.

 

 

Passive House

Siège social de Syd Energi (certifié Passive House), Danemark, GPP Arkitekter A/S<br \>Photo : Syd Energi

• Date et lieu de création : 1990, en Allemagne; au Canada, une première maison a été certifiée par le Passive House Institute allemand en 2010

• Au Québec depuis : 2010

• Territoires couverts : une trentaine de pays, dont le Canada et les États-Unis

• Types de bâtiments visés : résidentiel, neuf ou rénové

• Approche et caractéristiques distinctives : mise sur une isolation ultraperformante afin que la consommation d’énergie attribuable au chauffage atteigne au plus 15 kWh/m2 par an (contre 170 kWh/m2 pour une maison moyenne, selon Passive House Ontario); la consommation totale d’énergie de la maison ne doit pas excéder 120 kWh/m2 par an

• Principaux avantages : grande efficacité énergétique; concept conçu pour les climats nordiques, donc approprié au Canada

• Principales critiques : très exigeante

• Coût : de 2400 $ à 3000 $

• Organisme de référence au Québec : Canadian Passive House Institute (CanPHI) et Maison passive Québec (organisme récemment créé pour offrir de la documentation et de la formation en français)

• Organisme responsable : International Passive House Association

• Évaluateurs au Québec : Peel Passive House Consulting est le seul évaluateur canadien

• Nombre de bâtiments certifiés au Québec : aucun 

• Nombre de bâtiments en voie de certification : Le CPHI affirme que quelques projets devraient se soumettre au processus bientôt, mais ne peut en confirmer le nombre exact.

 

 

Green Globes Design

Bibliothèque MacOdrum, Université Carleton, Ottawa (certifiée Green Globes, niveau 3), Diamond Schmitt Architects et Edward J. Cuhaci and Associates Architects en consortium<br \>Photo : Doublespace Photography

• Date et lieu de création : 2000, au Canada

• Au Québec depuis : 2005

• Territoires couverts : Canada, États-Unis et Royaume-Uni

• Types de bâtiments visés : commercial, industriel  et institutionnel, neuf et rénovation majeure

• Approche et caractéristiques distinctives : très similaire à la certification britannique BREEAM, sur laquelle elle est basée; le questionnaire en ligne fournit des conseils selon les réponses fournies; il peut être rempli facilement sans recours à un consultant spécialisé; un vérificateur indépendant parcourt la documentation et effectue une visite une fois la construction terminée

• Principaux avantages : accessible en raison du coût minime et du fonctionnement par questionnaire très simple

• Principales critiques : n. d.

• Coût : 1500 $ pour l’évaluation en ligne et de  3000 $ à 10 000 $ pour la certification finale

• Organisme de référence au Québec : l’entreprise ECD Energy and Environment Canada (à Toronto)

• Organisme responsable : ECD Energy and Environment Canada

• Évaluateurs au Québec : un vérificateur indépendant reconnu par ECD Energy and Environment Canada

• Nombre de bâtiments certifiés au Québec :  3, soit le magasin Mountain Equipment Co-op  et le Chapiteau des arts du cirque de La Tohu,  à Montréal; un immeuble de la Banque Scotia  à Laval

• Nombre de bâtiments en voie de certification  au Québec : n. d.

 

 

Living Building Challenge

Pavillon d’accueil du jardin botanique VanDusen, Vancouver (certifié LEED Platine; convoite la certification Living Building Challenge), Sharp & Diamond Landscape Architecture en collaboration avec Cornelia Hahn Oberlander Landscape Architect; Busby, Perkins + Will, consultants. Photo : Nic Lehoux

• Date et lieu de création : 2006, aux États-Unis

• Au Québec depuis : février 2014

• Territoires couverts : Canada, États-Unis, Chine, France, Haïti, Australie, Inde, Liban, Mexique, Nouvelle-Zélande, Roumanie, Émirats arabes unis

• Types de bâtiments visés : tous types, de même que parcs et quartiers

• Approche et caractéristiques distinctives : la certification complète comprend sept domaines de performance (site, eau, énergie, santé, matériaux, équité et beauté) et 20 mesures obligatoires; le bâtiment doit notamment être autonome en énergie et en eau (des exceptions sont possibles si la réglementation locale l’interdit); on peut aussi obtenir une certification pour quelques domaines de performance (au minimum trois) ou une certification Bâtiment à énergie nette zéro; un vérificateur indépendant évalue le projet d’après son dossier et effectue une visite 12 mois après la fin de la construction

• Principaux avantages : certification environnementale la plus poussée

• Principales critiques : très exigeante; au Québec, le faible prix de l’hydroélectricité n’incite pas à viser l’autonomie énergétique des bâtiments

• Coût : de 500 $ US à 1200 $ US  (de 580 $ CA à 1390 $ CA environ) pour enregistrer le projet et de 1250 $ US à  20 000 $ US (de 1450 $ CA à  23 170 $ CA environ) pour l’évaluation finale, selon la superficie du bâtiment, le type de projet et la certification recherchée

• Organisme de référence au Québec : l’organisme à but non lucratif International Living Future Institute  (le Collaboratif de Living Building Challenge de Montréal a pour mission de faire connaître la norme, mais n’est pas considéré comme l’organisme de référence). 

• Organisme responsable : International Living Future Institute

• Évaluateurs au Québec : accrédités par l’International Living Future Institute

• Nombre de bâtiments certifiés au Québec : aucun

• Nombre de bâtiments en voie de certification au Québec : 1 (il faut savoir que certains projets s’inspirent de la philosophie du Living Building Challenge sans chercher à obtenir  la certification; c’est le cas du projet d’Espace pour la vie, à Montréal, ayant trait au Biodôme, à l’Insectarium et  à la construction du pavillon de verre du Jardin botanique)

Pour plus de renseignements : La certification Living Building Challenge au Québec : défis et pistes de solutions

 

 

Novoclimat

Résidence en panneaux de bois massif à Lac-Etchemin (certifiée Leed et Novoclimat), TERGOS Architecture et Construction écologique<br \>Photo : Stéphane Bourgeois

• Date et lieu de création : 1999, au Québec

• Au Québec depuis : 1999

• Territoires couverts : Québec

• Types de bâtiments visés : résidentiel, neuf et rénovations majeures

• Approche et caractéristiques distinctives : vise à réaliser des économies d’énergie de 20 % par rapport à une habitation qui suit les normes du Code de construction du Québec grâce à une isolation supérieure, à l’étanchéité de l’enveloppe, à des portes et fenêtres de grande qualité et à des appareils de chauffage performants; un évaluateur indépendant certifie à deux reprises que le projet respecte les exigences du gouvernement, soit avant la fermeture des murs et une fois le projet terminé

• Principaux avantages : programme de subvention du gouvernement du Québec

• Principales critiques : la version 2.0 (2013) introduit un système de pointage jugé flou par certains acteurs du bâtiment vert

• Coût : le constructeur et l’acheteur reçoivent chacun une aide financière de 1000 $ quand un bâtiment est certifié

• Organisme de référence au Québec : Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques du Québec (BEIE)

• Organisme responsable : BEIE

• Évaluateurs au Québec : indépendants, mandatés par le BEIE

• Nombre de bâtiments certifiés au Québec : plus de 21 000 entre 1999 et 2013 (pour la première version du programme)

• Nombre de bâtiments en voie de certification au Québec : n. d.

 

À surveiller

WELL Née en 2014 dans le sillage de LEED, WELL certifie les bâtiments en fonction de caractéristiques favorisant la santé des occupants : qualité de l’air, qualité de l’eau, promotion de saines habitudes alimentaires, luminosité, promotion de l’activité physique, confort et santé psychologique.

DGNB D’origine allemande, DGNB commence à essaimer notamment en Europe, en Asie et en Amérique du Sud.  En plus de la protection de l’environnement, sa liste de critères  touche les aspects économique, socioculturel, technique ainsi que les processus décisionnels et l’emplacement. Créée en 2009, elle recense aujourd’hui 839 bâtiments certifiés ou en voie de l’être.

BREEAM Depuis sa création en 1990, ce sceau environnemental britannique a été apposé sur  425 000 bâtiments, surtout en Europe et en Asie. Il s’agit de la toute première certification du genre au monde. Misant sur la durabilité au sens large, son approche vise des gains tant environnementaux que sociaux et économiques.