Esquisses, vol. 22, no 4, hiver 2011-2012

Bilan de santé

Tout est sous contrôle! Voilà comment on peut résumer l’état des équipements du Parc olympique. À l’exception notable du toit, le stade, la tour et le complexe sportif sont globalement en bonne condition.

Hélène Lefranc

À une époque où le béton semble tomber de partout, celui du Parc olympique tient la route. Pourvu, bien sûr, que les mesures correctives ou préventives recommandées soient mises en œuvre et que les procédures de contrôle et de suivi se poursuivent. Ce sont les conclusions que l’on peut tirer de la lecture du rapport de la firme d’ingénierie Dessau inc. et de sa filiale LVM-Technosil, qui ont mené pour la Régie des installations olympiques (RIO) la campagne d’inspection de l’automne 2008. Ce type d’inspection approfondie, qui exclut l’analyse de risque sismique, a lieu tous les cinq ans.

À l’exception de certaines pièces des ossatures et charpentes, le gros œuvre est en bonne condition et l’état général des composantes structurales varie de bon à très bon, indique le document que nous avons pu consulter à la suite d’une demande d’accès à l’information. Le stade ne présente aucun signe d’exposition à des surcharges d’utilisation excessives ou à des conditions environnementales sévères. Des détériorations et dégradations ont été observées, mais elles sont caractéristiques des ouvrages érigés en béton armé précontraint préfabriqué et typiques du vieillissement de ces ouvrages construits en milieu urbain dans le nord-est américain il y a une trentaine d’années. Pour l’essentiel, les dégradations entrent dans l’une ou l’autre des catégories suivantes : fissurations, éclats, délaminage, corrosion, acier apparent, traces de rouille, efflorescences. Leur progression est faible depuis la campagne précédente, effectuée en 2002.

 

LA TOILE EN SOIN PALLIATIFS

Comme on le sait, l’état de la toile du toit est moins reluisant. « Les résultats et essais de caractérisation des propriétés mécaniques de la toile Sheerfill II (…) sont sans équivoque et signalent indéniablement une dégradation avancée, par référence aux résultats des essais subséquents aux ruptures ponctuelles de la toile de janvier 1999 », note Dessau. Le rapport parle d’affaiblissement structural, de vulnérabilité accrue aux ruptures par déchirement ou poinçonnement, etc. « De janvier 1999 à janvier 2009, les essais de chargement de rupture au déchirement trapézoïdal enregistrent des réductions de performance structurale de l’ordre de 45 % et font état d’un affaiblissement plus marqué que ce qui était prévisible en considération de la durée de vie présumée de 25 ans. »

Le rapport ne se prononce pas sur l’espérance de vie résiduelle de la toile, ce qui nécessiterait des études supplémentaires. Il préconise cependant l’adoption d’un protocole de gestion des risques des opérations du stade ainsi qu’une surveillance continue (monitoring) de la toile. Le programme d’entretien de la RIO prévoit déjà ces mesures, ainsi que les réparations qui en découlent.

 

 

ESPÉRANCE DE VIE

Dessau recommande une surveillance bisannuelle ou annuelle de certains éléments des équipements du Parc olympique, ainsi que la poursuite des inspections quinquennales approfondies. Le programme de surveillance et d’entretien en place lorsque le rapport a été rédigé semble « pertinent et adapté ». Les mesures recommandées pour assurer à long terme la fonctionnalité, la sécurité et la pérennité des structures s’étalent sur un an pour les plus urgentes et sur cinq ans pour les moins urgentes. Elles représentent, selon les calculs de la firme, 8,7 M$ pour les mesures correctives et 2 M$ pour les mesures préventives. L’essentiel des dépenses prescrites concerne le stade.

Si le rapport d’inspection ne se prononce pas sur la durée de vie du toit actuel, il statue par contre sur celle du stade, en lien avec la résistance exigée de 50 ans pour la future toiture rigide. « (…) l’espérance de vie résiduelle du Stade est adaptée à l’exigence d’espérance de vie contractuelle de cinquante ans », indique la conclusion du document. Voilà qui devrait rassurer les inquiets et légitimer les investissements prévus.

Le Conseil du trésor a en effet approuvé en 2010 un nouveau plan quinquennal d’immobilisation de 95 M$. Au-delà des structures, les systèmes électromécaniques sont aussi à remettre en état. Le plan prévoit aussi des améliorations cosmétiques, comme l’éclairage, la réfection des vestiaires et le remplacement des escaliers mécaniques, des travaux effectués en 2010.

Photo : Aaron Smith