Esquisses, vol. 22, no 4, hiver 2011-2012

Lectures

La banlieue s'étale

Sous la direction d’Andrée Fortin, Carole Després et Geneviève Vachon

La banlieue ne cesse de s’étaler, empiétant toujours plus sur les milieux naturels, les terres agricoles, les lieux de villégiature. Mais pourquoi ses nouveaux habitants s’entêtent-ils à parcourir d’épuisants trajets entre le boulot et la maison? Quel est l’attrait de ces secteurs périurbains? C’est ce qu’ont cherché à savoir les auteurs de cet ouvrage, encadrés par trois ténors de l’Université Laval : Carole Després et Geneviève Vachon de l’École d’architecture, et Andrée Fortin du Département de sociologie. Si leur laboratoire d’analyse prend racine dans la région de Québec, leurs observations sur l’étalement urbain transcendent les limites de la capitale. À l’ère du développement durable, les constats des chercheuses – notamment quant à la dépendance à l’automobile et à la publicité sur le logement neuf dans les secteurs périurbains – font réfléchir. Et surtout, ils font cruellement ressortir le manque de vision politique quant aux enjeux d’aménagement du territoire.

Éditions Nota Bene, 2011, 412 pages.

 

Surélévations en bois : Densifier, assainir, isoler

Markus Mooser, Marc Forestier, Mélanie Pittet-Baschung

Voilà le mode d’emploi concret pour mettre en œuvre le mot d’ordre de « reconstruire la ville sur la ville » dans une optique de développement durable. La première partie explique les avantages techniques du bois pour la surélévation des bâtiments urbains, les illustre de façon efficace, et répertorie les questions que les professionnels doivent se poser dans un tel projet. La deuxième partie présente 30 réalisations par des textes qui décrivent les défis de conception et de construction, des photos, des plans et des fiches techniques. Les exemples, diversifiés et relevant tous du langage architectural contemporain, répertorient des habitations individuelles, des immeubles résidentiels, des immeubles de bureaux et des édifices publics. Les projets sont européens, mais on ne peut qu’espérer que cette mine d’information inspirante et attrayante fasse école en Amérique du Nord!

Presses polytechniques et universitaires romandes, 2011, 196 pages.

 

 

Juste assez d’architecture pour briller en société : Les 50 grands styles que vous devez connaître

Philip Wilkinson

Les architectes qui se sentent incompris offriront ce petit livre facile à transporter à leurs proches. On y trouve 50 articles sur les styles, classés chronologiquement en cinq parties historiques. Cela commence par les ordres et le génie romain, pour les deux premiers, pour finir par le déconstructivisme et l’architecture écologique, pour les deux derniers. Les textes courts sont didactiques et agrémentés de quelques repères chronologiques, d’une citation, d’une idée clé et d’encadrés qui mettent en valeur un détail significatif. Seul bémol : les illustrations en nombre limité donnent à cet ouvrage en noir et blanc l’allure d’un manuel scolaire. Vous pourrez désormais converser avec votre adolescent, mais ne craignez pas la concurrence : il n’en sortira pas architecte pour autant!

Dunod, 2011, 208 pages.

 

Comprendre l'architecture

Carol Davidson Cragoe

Heureusement qu’il y en a quelques-uns, de ces bouquins, qui aident les architectes à se délester de la lourde tâche d’expliquer, encore et toujours, la nature de cette bizarre chose appelée architecture. Ici, tout est découpé simplement en fonction des différents éléments qui forment un bâtiment, et le profane a de quoi se forger des repères et enfin comprendre de quoi il retourne quand on lui parle des styles gothique, baroque ou moderne. Mieux, il devrait, au sortir de cette lecture, être en mesure d’identifier ce qu’il a sous les yeux... à condition, bien sûr, que ce soit identifiable. À offrir à un proche : vous pourrez ainsi accéder facilement à l’ouvrage si la mémoire vous flanche, sans avoir à révéler qu’il peut aussi vous être utile!

Larousse, 2010, 256 pages.

 

Walking Home: The Life and Lessons of a City Builder

Ken Greenberg

L’architecte et urbaniste Ken Greenberg s’emploie à repenser la ville dans la ville, en réaménageant des quartiers existants, notamment à New York, Boston, Paris, Amsterdam, Toronto ou Montréal. À mi-chemin entre l’autobiographie et l’essai, cet ouvrage est le fruit de ses observations et expériences sur la ville à échelle humaine, celle où l’on peut faire ses courses, aller au travail, à la garderie ou à l’école à pied. Utopie? Non, croit Greenberg, qui parie que les prix galopants du pétrole nous permettront bientôt de revenir à des modes de vie plus sains dans des quartiers mixtes et denses. Si on répare aujourd’hui les erreurs du passé, avance Greenberg, ce n’est qu’une question de temps avant que le citadin moyen ne retrouve l’usage de ses deux jambes. Mais ce retour ne sera pas le fait d’une poignée de starchitectes ou d’un urbaniste de renom : il viendra plutôt d’une multitude d’acteurs sociaux, dont les architectes. Bouquin fascinant.

Random House Canada, 2011, 384 pages.