Esquisses, vol. 24, no 3, automne 2013

Israël-PalestineAménager la paix

L’architecture peut-elle changer le monde ? C’est du moins le rêve que caressent Yehuda Greenfield-Gilat et Karen Lee Bar-Sinai, deux architectes déterminés à apaiser les tensions entre Palestiniens et Israéliens. Persuadés que les architectes ont un rôle à jouer dans la résolution de conflits territoriaux, les deux associés de SAYA/Design for Change, cabinet de Tel-Aviv qu’ils ont fondé en 2006, collaborent depuis quelques années avec le S. Daniel Abraham Center for Middle East Peace. Ils tentent de comprendre les enjeux sur lesquels achoppent les rondes de discussions diplomatiques entre les deux peuples, pour ensuite proposer des solutions d’aménagement concrètes. De nouveaux partages des villes et des territoires de façon à calmer les frustrations ou à favoriser une meilleure communication, par exemple. 

L’été dernier, les deux architectes ont rassemblé leurs travaux sur la résolution de conflits dans le cadre de l’exposition Architactics – The Role and Responsability of Architects in Conflict Resolution, présentée à Tel-Aviv. Plutôt que de détailler chacune de leurs propositions pour arrondir les angles du conflit israélo-palestinien, cette exposition illustrait – au moyen d’esquisses, de maquettes, de conférences et de discussions – le rôle de l’architecte dans les processus de paix. En fait, résument-ils, le travail de SAYA montre que les architectes n’ont pas à se contenter d’intervenir uniquement sur le bâti ou le bâtiment : ils peuvent contribuer à modeler le territoire, notamment en occupant plus de place dans l’espace public et en encourageant les décideurs à penser comme des architectes. Un discours qui détonne !