Esquisses, vol. 24, no 1, printemps 2013

MDDPremier bilan

À 18 mois passés, la Maison du développement durable fait le bilan de ses premiers pas. Et partage le fruit de ses observations au moyen d’un parcours autoguidé.

Ce jour-là, les tropiques attendaient Esquisses à la Maison du développement durable (MDD), en dépit du vent hivernal qui soufflait sur Montréal. Température intérieure : 26°C... sans apport de chauffage !

Les calculs de charge ont-ils été faussés en raison d’une enveloppe trop performante ? Ou encore, par un récupérateur d’énergie à cassettes qui ferait du zèle ? Toujours est-il que Normand Roy, d’Équiterre – l’un des responsables du projet –, était à la fois perplexe et fasciné. Qu’à cela ne tienne : ces nouvelles données enrichiront la masse d’information que la MDD collige actuellement sur le bâtiment, histoire de mieux en comprendre les composantes, le comportement et le rendement.

Ces données, la MDD les partage désormais avec le grand public au moyen d’un parcours d’interprétation autoguidé permettant d’en apprendre davantage sur les constructions écologiques en général, et sur celle-ci en particulier, qui se veut une référence en la matière. Quatre stations interactives et des panneaux graphiques composent le parcours. La première borne, qui porte sur l’énergie au 21e siècle, explique entre autres comment le bâtiment réussit à économiser annuellement plus de 1,5 million de kilowattheures par rapport à un bâtiment standard. Des données en temps réel présentent les gains énergétiques et monétaires que procurent plusieurs des composantes du bâtiment, comme son enveloppe, ses dispositifs d’éclairage et sa gestion de l’air.

« Comme on est branché au bâtiment en temps réel, on peut voir quelles sont les composantes énergétiques les plus rentables [par rapport à la simulation] », explique Normand Roy. Au moment de la visite, on pouvait ainsi constater que le récupérateur d’énergie à cassettes a permis d’économiser 2828 $ en coûts d’énergie depuis septembre 2012, ou que le mur végétal biofiltrant – surprise – a contribué pour sa part à réduire la note d’énergie de 2833 $.

Matériauthèque écolo

Au rez-de-chaussée, le visiteur peut découvrir et toucher près de 90 échantillons de matériaux, classés par famille fonctionnelle, des isolants aux revêtements de comptoir. Une borne interactive permet de comparer les caractéristiques et la valeur écologique de chacun.

Cette matériauthèque regroupe les éléments les plus écologiques au monde. « Mais attention : un matériau écologique, ça n’existe pas dans l’absolu, dit Normand Roy. Tout dépend des valeurs. » Ainsi, s’il est plus important pour vous de consommer localement que d’économiser l’eau potable, vos choix refléteront vos convictions. Quoi qu’il en soit, chaque matériau présenté à la MDD a été sélectionné à partir de critères rigoureux, dont les listes les plus crédibles de la planète ou les analyses d’experts québécois en écoconstruction. « Le plus drôle, c’est qu’il nous a fallu quatre ans à la concevoir... mais qu’elle n’est déjà plus à jour, plaisante Normand Roy. Les matériaux évoluent très rapidement. »

N’empêche, cette matériauthèque est un sacré bon départ pour qui s’intéresse aux façons de construire plus vert. Tout comme le reste du parcours.

La MDD est située au 50, rue Sainte-Catherine Ouest, à Montréal.

On peut y effectuer le parcours du lundi au vendredi, de 10 h à 18 h, et les samedis et dimanches, de 10 h à 16 h.

La Maison du développement durable propose aussi des visites guidées aux groupes de cinq personnes et plus.