Esquisses, vol. 24, no 1, printemps 2013

Sur la place publique

Le goût de bouger : Comment favoriser un mode de vie physiquement actif ? est le titre du mémoire que l’Ordre a déposé à la consultation publique « Montréal physiquement active ». Il y fait la démonstration que le design et l’architecture peuvent être mis à contribution, tant dans l’aménagement de la ville que dans celui des bâtiments. L’apport original de cette contribution « bien étoffée » a été souligné par le quotidien La Presse.

L’OAQ a également participé à deux consultations publiques destinées à la planification du territoire montréalais : l’une portait sur l’avenir du secteur Marconi-Alexandra, Atlantic, Beaumont, De Castelnau, l’autre sur la mise en valeur du secteur de l’ancien hippodrome Blue Bonnets. L’Office de consultation publique de Montréal devrait mener de nouvelles consultations sur ces dossiers prochainement.

Par ailleurs, l’OAQ est également intervenu à la suite de la publication d’un appel d’offres concernant la construction d’un lieu de diffusion culturelle à Victoriaville. En effet, la tenue du « concours » d’idées d’architecture ne respectait pas les règles du Guide des concours de l’OAQ.

Patrimoine

L’Ordre est intervenu en urgence dans les médias et auprès des autorités concernées pour la sauvegarde de l’aréna Éric-Sharp de Saint-Lambert, en vertu de la protection du patrimoine et des principes de développement durable. Le bâtiment est en effet menacé de démolition. 

Par la plume de son président, André Bourassa, l’Ordre a également pris position en décembre dans Le Quotidien au sujet de l’ancienne église Notre-Dame-de-Fatima à Jonquière. Cette église blanche, exemplaire de l’architecture québécoise des années 1960, est en effet laissée à l’abandon. Son propriétaire a demandé une autorisation de démolition à la Ville de Saguenay. Dans son courrier, l’OAQ se réjouit de l’intérêt manifesté pour cet édifice par Sylvain Gaudreault, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, et souhaite que la Ville et les citoyens se mobilisent également pour sa sauvegarde.

Une bonne nouvelle pour le patrimoine est venue de Québec. L’ancien presbytère du 18e siècle, sis au 390, avenue Wilfrid-Laurier et menacé par un projet immobilier, sera préservé. Le maire Régis Labeaume l’a garanti et a du même coup rejeté toute éventualité de changement de zonage qui aurait permis l’érection de tour de condos dans cette zone située à proximité des plaines d’Abraham et de la tour Martello no 2, qui fait partie d’un lieu historique national.

L’Estérel: un domaine en miettes

Nous en faisions état dans le dernier numéro d’Esquisses : le berceau de la modernité architecturale québécoise, le centre culturel du domaine de l’Estérel, dans les Laurentides, se cherche une nouvelle vie.

À défaut de préciser laquelle, son propriétaire-occupant, la Ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, a annoncé en décembre dernier qu’il relocalisait ses bureaux ailleurs. Rappelons que le centre culturel est le dernier vestige lisible de cet ensemble de villégiature conçu dans les années 1930 par l’architecte belge Antoine Courtens à l’initiative du baron Louis Empain.

L’état de délabrement avancé du bâtiment est la principale raison motivant la décision de la Ville, ont expliqué les élus. À la suite d’un appel d’intentions diffusé en octobre, la Ville aurait retenu la proposition de l’entrepreneur général HBO Construction, avec qui elle négocie, selon les médias locaux. Son projet récréotouristique, d’une valeur frisant les 15 M$, prévoirait la démolition de plus de la moitié du bâtiment patrimonial.

Par ailleurs, en novembre, le Refuge du Baron, une ancienne auberge du même ensemble située à un jet de pierre du centre culturel – et donnant sur une vue spectaculaire du lac Masson – a été la proie des flammes.

Seule lueur d’espoir : le ministère de la Culture et des Communications (MCC) analyse présentement une demande de classement du centre culturel. Cette requête a été déposée en 2007 par la Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, appuyée par Docomomo Québec et par le Conseil des monuments et sites (aujourd’hui Action patrimoine). « Actif dans ce dossier », le MCC est en lien avec la municipalité afin de préciser les pistes d’intervention, a indiqué une porte-parole.

Inquiet du sort réservé à ce complexe de villégiature unique au Québec, l’Ordre joint aujourd’hui sa voix à celles qui réclament la sauvegarde de son dernier témoin d’importance, le centre culturel. En février, une rencontre avec un représentant du MCC a permis de réitérer cette préoccupation.

Invitée à commenter sa position dans ce dossier, la Ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson n’a pas donné suite aux appels d’Esquisses.