Esquisses, vol. 25, no 1, printemps 2014

AilleursTrésors enfouis

Paris compte 11 stations de métro fantômes interdites au public pour des raisons historiques ou commerciales. Une candidate à la mairie entend les faire revivre.

Avertissement : cette nouvelle peut provoquer de la jalousie.

 

Croyez-le ou non, il existe à Paris des politiciens qui osent parler d’architecture et de reconversion patrimoniale pendant la campagne électorale à la mairie, où des élections auront lieu fin mars. À ce chapitre, l’une des idées les plus remarquées vient de la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM pour les intimes), qui entend réveiller des stations de métro inutilisées pour en redonner la jouissance aux Parisiens.

Inaccessibles pour différents motifs – certaines sont fermées depuis l’Occupation, d’autres n’ont jamais accueilli un seul voyageur –, ces stations « dorment sous les pieds des Parisiens », pour employer l’expression de la politicienne. Or l’espace, à Paris, est rare et vaut cher. Pourquoi ne pas faire revivre ces vestiges historiques en les transformant en espaces festifs ? D’autant que la plupart de ces stations, étonnamment, sont demeurées pratiquement intactes et recèlent de trésors architecturaux.

La candidate s’est allié le génie de deux jeunes architectes parisiens, Manal Rachdi et Nicolas Laisné, afin de conceptualiser et d’illustrer son ambitieux projet. Piscine intérieure, théâtre, restaurant, jardin souterrain : le duo a imaginé des espaces et des usages tous plus divertissants les uns que les autres afin de redonner vie à ces lieux oubliés. 

Si elle est élue, NKM promet de lancer une plateforme de co-création afin de recueillir les propositions des Parisiens, qui pourront eux aussi exprimer leurs souhaits quant à la seconde vie de ces stations insolites, néanmoins étroitement liées à l’histoire de la Ville lumière.

Un pari fou ? Sans doute, mais pas impossible.

 

 

En haut: La station porte Molitor (crédit: René Minoli, RATP)
En bas : Esquisse, OXO architectes et Laisné architecte