Esquisses, vol. 25, no 1, printemps 2014

Sur la place publique

Futur pont Champlain

Publiquement ou en coulisses, l’Ordre continue de s’investir dans le dossier du futur pont sur le Saint-Laurent.

L’abandon définitif, par le gouvernement fédéral, de l’idée d’un concours international d’architecture et d’ingénierie pour la conception de l’ouvrage a grandement déçu l’Ordre.

Cette option, que nous avons proposée et ardemment défendue, faisait pourtant consensus parmi les acteurs locaux. En outre, sa faisabilité avait été validée par un groupe de travail conjoint mis en place par la Ville de Montréal et Transports Canada. L’automne dernier, lorsqu’Ottawa a annoncé un échéancier réduit – le nouveau pont devra être prêt en 2018 plutôt qu’en 2021 –, l’Ordre a même proposé d’inclure la réduction des délais comme un des critères du concours. 

Cela n’a pas suffi à convaincre Transports Canada, qui a choisi une autre méthode pour encadrer la conception dans ce partenariat public-privé : il retient plutôt les services de l’architecte danois Poul Ove Jensen, qui sera secondé par la firme Provencher Roy et associés architectes, pour définir des directives architecturales et un concept de référence. Les consortiums qui soumissionneront pour la réalisation, le financement et l’exploitation du pont devront en tenir compte dans leur projet. 

Bien que l’Ordre apprécie le recours à des professionnels de haut niveau, en l’absence d’information sur l’application des directives, il n’est pas convaincu que ce processus permettra d’aboutir à un pont emblématique. Il réfléchit actuellement à la meilleure façon de continuer à militer en faveur d’un ouvrage au design de qualité.

  

Drame de L’Isle-Verte

Le drame de L’Isle-Verte, où l’incendie de la Résidence du Havre a fait, selon le bilan officiel, 28 morts et quatre disparus en janvier, a soulevé une vague d’émotions et de nombreuses questions quant à la sécurité des bâtiments hébergeant des personnes âgées ou à mobilité réduite.

L’Ordre a été questionné par les médias sur différents enjeux liés à ce drame, dont les normes relatives à la présence de gicleurs dans les centres d’hébergement ou l’implication des architectes dans les agrandissements successifs du bâtiment en question. Précisons qu’en 2007, l’Ordre a radié l’un des concepteurs pour une période de six mois pour sceau de complaisance. À la lumière des événements de janvier, il y a lieu de s’interroger quant au suivi effectué sur les bâtiments conçus sous sceau de complaisance

Quant aux normes concernant la présence de gicleurs dans les centres d’hébergement, un enjeu sur lequel l’Ordre a aussi été appelé à donner des clarifications, le gouvernement québécois a déjà annoncé que les normes évolueraient. Nul doute que d’éventuelles modifications toucheront de près la pratique. Reste à voir quelles formes elles prendront et à quel rythme on les imposera. L’Ordre est déterminé à collaborer à la réflexion ainsi qu’à assurer une veille sur ces enjeux afin d’en informer ses membres. Un dossier à suivre.

 

Colloque sur la participation citoyenne 

« L’architecte à l’heure de la participation citoyenne », le colloque organisé le 16 novembre dernier par l’OAQ, a connu un grand succès. Près de 150 personnes ont participé aux différents événements de la journée. L’auditoire était composé à parts égales de citoyens et de professionnels, qui ont d’ailleurs apprécié cette rare occasion de se rencontrer.

Le dîner-conférence mettant en vedette l’architecte français Jacques Ferrier, de même que les ateliers sur les différentes façons d’inclure les besoins du citoyen ou de l’usager dans des projets d’architecture ont été particulièrement populaires. 

Tous n’ont eu que de bons mots quant à la diversité des propos et la qualité du débat. Vous pouvez d’ailleurs en juger par vous-même, car les comptes rendus des présentations et des ateliers sont accessibles ici