Esquisses, vol. 29, no 3, automne 2018

Brèves

Liban — Personnalisation extrême

Modulofts, Beyrouth, Fouad Samara Architects
Photos : Fouad Samara Architects

Une chambre? Deux? Une cuisine fermée? Ouverte sur le salon? Dans chacun des appartements de Modulofts, achevés en 2017 à Beyrouth, au Liban, la configuration des pièces peut varier tous les jours, selon le bon vouloir de l’occupant. Le secret: des murs d’acier suspendus à des rails, qu’on peut facilement faire glisser pour diviser l’espace en plusieurs pièces ou pour le laisser complètement ouvert. Dans ce dernier cas, on pousse les murs à l’extérieur, et ils forment alors d’étranges projections sur la façade.

 

Sis dans un quartier en plein embourgeoisement, l’édifice compte 14 étages et plus de 90 appartements modernes en béton brut «qui ont tous trouvé preneur très rapidement», précise l’architecte Fouad Samara, dont le cabinet a conçu les plans et supervisé le chantier. Avec Modulofts, il a voulu créer des espaces à l’image d’une société libanaise en mutation, tout en faisant un pied de nez aux constructions actuelles, «sans imagination», qui caractérisent la capitale. Pour le moment, l’architecte, qui a pratiqué à Montréal dans les années 1990, ne prévoit pas construire de bâtiments similaires ailleurs. «Mais nous sommes prêts à le faire si l’occasion se présente!» précise-t-il. Reste à savoir comment ces murs amovibles tantôt extérieurs, tantôt intérieurs pourraient «s’acclimater» aux tempêtes de neige ou aux froids polaires typiques du Québec! (Daniel Chrétien)

 

Chine — Des algues plein les murs!

French Dream Towers, Hangzhou (Chine), XTU
Illustration : XTU

Vers 2019, la ville de Hangzhou, dans l’est de la Chine, verra pousser des gratte-ciel couverts d’algues. Du moins en partie. L’ensemble French Dream Towers – c’est le nom du projet – sera composé de quatre immeubles, tous recouverts à parts égales de panneaux de verre, de panneaux végétalisés et de panneaux remplis d’algues, «un genre d’aquarium étroit», explique Éric Mézan, responsable du développement, de l’image et des communications chez XTU, un cabinet d’architectes français.

 

Ce nouveau «matériau», breveté par XTU, favorise la captation de CO2. En un an, les algues couvrant les tours pourraient absorber l’équivalent des émissions annuelles de près de 1100 voitures. Chaque jour, l’eau des «aquariums» sera changée et les algues, récoltées. XTU prévoit que ces dernières pourront notamment être utilisées par l’industrie cosmétique et la recherche médicale. Par ailleurs, ces organismes vivants participeront à une sorte de symbiose, ajoute Éric Mézan. «En hiver, la chaleur dégagée par le bâtiment réchauffe les cultures d’algues tandis que les biofaçades contribuent à l’isolation. En été, celles-ci aident à la régulation thermique.» C’est donnant donnant. (DC)

 

Sherbrooke — Un pont conçu par des étudiants

Projet du pont des Abénaquis, Sherbrooke,
Bernardo Baldissera, Joël Bertrand, Tiphaine Le Bellec.
Illustration : Ville de Sherbrooke

 

Il n’y a pas que Montréal qui aura son pont signature! Sherbrooke aussi, grâce au projet intitulé « pont des Abénaquis », proposé par trois étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval lors d’un concours tenu au sein de l’établissement en 2016. Le pont à haubans, qui enjambera la rivière Magog au confluent de la rivière Saint-François, sera composé de deux arcades relevées vers le ciel, rappelant un tipi. Les concepteurs, Bernardo Baldissera, Joël Bertrand et Tiphaine Le Bellec, ont aussi cherché à évoquer, par la disposition des haubans, un capteur de rêves typique des Premières Nations. « Les deux arcs qui se rejoignent symbolisent les anglophones et les francophones qui, ensemble, ont bâti la ville », précise Bernardo Baldissera joint au Brésil, où il vit désormais. Son collègue Joël Bertrand ajoute que le trio a rapidement compris qu’il fallait donner à l’ouvrage une couleur amérindienne : « La localisation du projet était parfaite pour rappeler la présence autochtone, dit-il, étant donné qu’il était de tradition algonquine de se rassembler à l’embouchure des rivières. » C’est donc un pont entièrement pensé pour Sherbrooke. « Il n’aurait sa place nulle part ailleurs », selon Tiphaine Le Bellec. Sa construction coûtera environ 36 M$ et devrait débuter en 2019. Le trio gagnant a été supervisé par les professeurs Philippe Barrière et Antoine Guy. (DC)

 

Le poids des nombres

 

 

C’est l’accroissement du nombre d’unités de logement à consommation énergétique nulle aux États-Unis et au Canada entre 2016 et 2017, révèle l’organisme Net-Zero Energy Coalition, dont la mission est d’accélérer la transition vers des bâtiments dits « zéro énergie ». Ainsi, 13 906 unités – maisons unifamiliales et appartements confondus – produisent désormais autant d’énergie qu’elles en consomment. Ce nombre s’élevait à 8203 en 2016 et à 6177 en 2015. Quelle ville nord-américaine en compte le plus? Sacramento, en Californie, où l’on trouve 853 unités à consommation énergétique nulle. Au Canada, Vancouver arrive en tête, avec 723 habitations. Aucune municipalité québécoise ne figure encore dans ce palmarès. (DC)