Esquisses, vol. 27, no 1, printemps 2016

Bâtir écolo sur MarsCadre de vie

Projet Mars Utopia, Alberto Villanueva Galindo. Illustration: Alberto Villanueva Galindo

Avec les récentes observations laissant croire à la présence d’eau sur Mars, les idées au sujet de la colonisation de la planète rouge fusent de toutes parts. Ainsi, l’entrepreneur Eelon Musk (Paypal, Tesla, Space X) a proposé d’y faire sauter des bombes nucléaires pour réchauffer l’atmosphère et faire fondre la glace. Un architecte (qui d’autre !) a pour sa part imaginé une manière plus responsable d’améliorer l’hospitalité du lieu.

Dans le cadre de sa maîtrise en design de l’environnement, en 2014-2015, l’espagnol Alberto villanueva Galindo a en effet pensé créer sur mars une atmosphère respirable en utilisant du mycélium (la partie végétative du champignon), une matière organique particulièrement résistante aux conditions extrêmes. Soucieux de l’empreinte écologique du cadre bâti, il tenait à ce que son concept soit biodégradable.

Résumons le procédé. Premièrement, des imprimantes 3D sont larguées sur la surface martienne, dans des cratères sous lesquels on soupçonne la présence de glace. À partir des matériaux locaux, elles produisent ensuite des tours capables de capter l’énergie électromagnétique afin de faire fondre la glace. Puis, le lac ainsi généré permet d’imprimer la deuxième peau de la tour, composée de mycélium et de résine. Enfin, le mycélium, par sa nutrition et sa croissance, convertit le CO2 ambiant en oxygène (ce n’est pas comme ça que ça fonctionne normalement, admet l’architecte, mais le comportement du mycélium pourrait être modifié). Au bout de deux ans, la couche d’oxygène serait assez épaisse pour que des Terriens se risquent dessous. Quant aux tours, elles devraient commencer à se décomposer après six ans.

Alberto Villanueva Galindo se doute que son concept présente des limitations et probablement plusieurs erreurs. N’empêche, il a tout de même capté l’intérêt de l’Agence spatiale européenne et de la NASA. « la reconnaissance que j’obtiens me permettra, je l’espère, de continuer mes recherches pour trouver des applications ici, sur Terre », dit-il.