Esquisses, vol. 29, no 4, hiver 2018-2019

Réseaux sociauxMode d'emploi

Illustration : Camille Pomerlo

Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, Pinterest… La quantité de plateformes où s’exprimer a de quoi donner le tournis. Petit guide pour les apprivoiser et y faire rayonner l’architecture.

Emilie Laperrière

Quelles plateformes choisir ?

L’architecture s’apprécie avant tout avec les yeux. Normal, donc, que les architectes privilégient Instagram, un média social plus visuel. « On utilise ce réseau pour publier des photos de nos projets, explique la designer industrielle Justine Dumas, qui est responsable des médias sociaux d’APPAREIL architecture. Instagram nous permet de publier des détails architecturaux ou des éléments plus poétiques, comme la lumière. Facebook nous sert surtout à promouvoir les articles qui parlent de nous. » 

Jean-François Renaud, associé et cofondateur d’Adviso, une firme d’experts en marketing et stratégie Internet, estime aussi qu’Instagram et architecture vont de pair. Il conseille toutefois d’éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier. « Les plateformes changent, certaines disparaissent. Mieux vaut créer du contenu sur son site Web et le diffuser ensuite sur les autres plateformes. » 

Quoi publier ? 

La plupart des firmes s’en tiennent à leurs projets achevés quand vient le temps de publier du contenu. Les architectes auraient néanmoins avantage à aller plus loin, à faire connaître leur parcours personnel et l’histoire derrière chaque édifice qu’ils ont conçu. « Quelle était la commande ? Quels ont été les défis ? Comment les gens s’approprient-ils l’espace ? Je trouve que le processus a une valeur, pas seulement les résultats », croit Jean-François Renaud. Exprimer son opinion, par exemple à propos des bâtiments qu’on trouve inspirants, est également une manière de susciter l’intérêt. 

À quelle fréquence ?

APPAREIL architecture publie habituellement une ou deux fois par semaine. « On ne veut pas bombarder d’informations les gens qui nous suivent. On sélectionne les articles médiatiques aussi, question de varier les sujets », souligne Justine Dumas.

Jean-François Renaud propose de s’imposer une discipline au fil d’un projet. « Le public devrait voir quelques billets durant la conception, quelques-uns pendant la construction et deux ou trois après. »

Comment publier efficacement ?

Les outils statistiques des médias sociaux sont une mine d’information sur l’impact des publications. « De notre côté, on a réalisé qu’on a plus de visibilité en publiant à 11 h 59, illustre Justine Dumas. On est les premiers dans le fil d’actualité des gens qui prennent leur pause du midi. D’où l’importance de programmer ses billets. » 

APPAREIL architecture ajoute une dizaine de mots-clics génériques (#architecture, #faitàmontréal, etc.) sous chaque photo, en plus d’un ou deux spécifiques à l’image.
« Ça amène une plus grande visibilité. Si on utilise souvent un mot-clic, on se retrouve aussi dans les résultats de recherche », explique la designer industrielle. 

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Un texte trop long, des photos qui détonnent avec le reste du contenu ou, pire, la même photo qui revient ad nauseam : tels sont les pires manquements à l’étiquette dans l’esprit de Justine Dumas. 

Pour Jean-François Renaud, il n’existe pas de faux pas majeur. « Je sais qu’ils sont occupés, mais les architectes doivent se vendre. La pire erreur, ce serait de ne rien faire ! Il faut prendre le temps de raconter ses histoires. »