Esquisses, vol. 26, no 3, automne 2015

Brèves

Princeton House, New Jersey, LevenBetts. Photo: Naho Kubota

Le client est un ado !

Une famille américaine du New Jersey, lassée de chercher la maison idéale, a fini par confier le projet à son fils, alors âgé de 14 ans. Féru de design, celui-ci suggérait en effet de s’adresser à un architecte. « Ce n’est pas si simple, mais essaie donc », ont répondu ses parents, sans penser qu’il les prendrait au mot. Le garçon s’est donc attelé à la sélection d’une firme, en commençant par constituer une liste ambitieuse qui incluait celle du Néerlandais Rem Koolhaas. Il a choisi la New-Yorkaise LevenBetts, séduit par son travail.

L’adolescent s’est ensuite consciencieusement investi dans la conception des plans et le suivi des travaux, relate le New York Times, qui a déniché cette histoire. Les architectes – d’abord surpris et sceptiques – ont finalement adoré l’expérience, et surtout les nombreuses idées apportées par ce jeune client. Au départ, le projet prenait en compte toutes les attentes des membres de la famille; il a toutefois dû être revu à la baisse devant les contraintes budgétaires.

Cela n’a pas empêché la Princeton House, moderne, blanche et épurée, de gagner plusieurs prix.

  

Profond malaise

Une étrange frénésie s’est emparée du centre-ville de Londres depuis une quinzaine d’années : les maisons-icebergs. Alors que des règlements d’urbanisme interdisent les extensions en hauteur ou en largeur au nom du caractère patrimonial, les propriétaires d’unifamiliales qui veulent augmenter leur surface habitable agrandissent par le sous-sol. Le problème, c’est qu’environ 2000 de ces rénovations ne sont pas le fait de monsieur et madame Tout-le-Monde, mais plutôt de rentiers et de p.-d.g. de multinationales qui y voient une bonne manière de doubler la valeur de leur investissement. Quand une petite maison peut valoir autour de 7 M$ CA dans les quartiers chics, la tentation est forte.

Ces agrandissements souterrains, qui peuvent comporter jusqu’à quatre niveaux, sont de véritables palaces. Gym, sauna, piscines, salles de cinéma, celliers, salons de beauté et même chutes d’eau : les profondeurs de la City sont le théâtre de toutes les extravagances.

Mais, au grand dam des voisins, le creusage de ces terriers de luxe peut durer jusqu’à deux ans et demi. Vibrations, vacarme et fissures dans les maisons adjacentes sont légion, sans parler des entraves causées par la machinerie lourde dans les rues résidentielles — l’approvisionnement de certains chantiers nécessite jusqu’à 100 bétonnières. Devant l’avalanche de plaintes, les autorités locales viennent de limiter la taille des projets à un seul niveau de sous-sol. Les voisins devront, hélas, endurer les chantiers déjà en cours. 

 

Concours monstre

Voilà un jury qui a eu du pain sur la planche ! Dans le cadre de l’appel à projets intitulé Réinventer Paris, lancé en novembre 2014 par la mairie de Paris, 75 candidatures ont été présélectionnées parmi les 372 déposées et analysées. La Ville souhaite ainsi repenser 23 sites pour qu’ils deviennent des modèles en matière d’architecture, de nouveaux usages, d’innovation environnementale et de co-construction.

Des starchitectes aussi bien que des jeunes firmes d’architecture ont répondu, au sein d’équipes pluridisciplinaires extrêmement variées et issues de nombreux pays. L’architecte libanaise Lina Ghotmeh, de l’agence DGT, a d’ores et déjà fait le bonheur des médias avec sa spectaculaire esquisse d’une tour et ferme urbaine en bois de 14 étages.

Tous les sites ont fait l’objet de propositions, certains en recevant jusqu’à une trentaine durant la première phase de la démarche. Par la suite, un maximum de quatre équipes par site ont été retenues.

Les lauréats seront connus en janvier, et pourront ensuite mettre en œuvre leur projet.