Esquisses, vol. 27, no 2, été 2016

Cinq mythes

FNB Soccer City, stade de la coupe du monde de soccer, Johannesburg (Afrique du Sud), Boogertman & Partners Architects. Photo : Boogertman & Partners Architects

Voici cinq mythes courants au sujet de la modélisation des données du bâtiment (MDB), aussi connue sous le nom de Building Information Modeling (BIM).

Martine Roux

 

1. C’est un logiciel ou une technologie

• La MDB, ce n’est pas Revit ou un quelconque logiciel.

• C’est une méthode de travail qui présuppose la mise en commun des informations reliées à un projet de construction ou de rénovation, depuis la phase de programmation jusqu’à la gestion immobilière.

• La technologie appuie cette méthode de travail, en permettant à tous les intervenants de collaborer sur la même maquette numérique.

 

2. C’est pour les grands bureaux

• Vrai que le virage vers la MDB représente un investissement non négligeable : outre les coûts liés à la formation et à l’achat de licences, le cas échéant, les employés auront besoin d’une « période de rodage » d’environ six mois avant de bien maîtriser la méthode de travail et la technologie.

• On peut par contre déployer la MDB par étapes (commencer par l’utiliser uniquement à l’étape de la programmation, par exemple), ce qui minimise le risque.

• À terme, travailler en MDB accroît la compétitivité et produit de la valeur ajoutée.

• Avec les plateformes en nuage, on n’a même plus besoin d’avoir des ordinateurs très performants, car on peut consulter la maquette sur une tablette ou un téléphone, pourvu que l’on ait une connexion Internet.

 

3. C’est pour les grands projets

• La MDB permet de réduire les coûts de construction ainsi que les imprévus au chantier, peu importe la taille du projet.

• Plus l’échelle du projet est réduite, moins les intervenants sont nombreux et plus la collaboration est fluide.

• Un projet de moindre envergure offre une excellente occasion d’apprivoiser le processus ainsi que la technologie.

 

4. C’est compliqué

• La maîtrise de l’outil requiert temps et pratique, mais n’est pas complexe.

• Tous les architectes consultés qui ont « goûté » à la MDB ne reviendraient en arrière pour rien au monde.

 

5. C’est pour les bâtiments neufs

La MDB est tout aussi adaptée aux constructions neuves qu’aux modifications à des immeubles existants. Certaines méthodes qui y sont liées permettent de recueillir un maximum d’information sur un bâtiment âgé, telle la photogrammétrie, qui détecte les volumes. Le numériseur 3D, pour sa part, projette un rayon laser dans toutes les directions autour d’un axe donné, recueillant ainsi divers paramètres (distances, dimensions des murs et fenêtres, etc.) qui seront ensuite modélisés sous la forme d’un nuage de points.  

 

Sources : Karine Duguay, gestionnaire BIM et Deirdre Ellis, architecte, NFOE architectes; François Martineau, architecte associé, ADHOC architectes et associés; Franck Murat, directeur BIM, Provencher Roy Architectes et président du Groupe BIM Québec; Nicolas St-Pierre, gestionnaire BIM chez EBC et formateur pour Contech; Souha Tahrani, associée de recherche, École de technologie supérieure.