Esquisses, vol. 27, no 2, été 2016

Des niveaux et des dimensions

Quelques repères pour s'y retrouver dans l'univers de la MDB.

 

Christine Lanthier et Hélène Lefranc

 

Niveaux de maturité

Afin de décrire le degré de maturité d’un projet en MBD, le gouvernement britannique a élaboré une échelle à quatre niveaux. 

Niveau 0
Dessins 2D pouvant être partagés électroniquement. Aucune norme ni aucun processus communs entre les participants.

Niveau 1
Mélange de dessins 2D et 3D. Partage de données standardisées dans un environnement commun. Chaque discipline publie et met à jour ses propres données. Les données non géométriques sont traitées séparément.

Niveau 2
Tous les participants produisent leur propre modèle 3D, qu’ils s’échangent en utilisant un format commun (IFC ou autre, voir texte Standards ouverts). Le but est de réunir tous les modèles pour créer une maquette fédérée permettant de détecter les interférences. Ce niveau suppose une plus grande coordination entre les intervenants, qui doivent s’entendre sur des standards en matière de structure et d’échange de données et de processus. Dans les livrables, d’autres dimensions de la MDB peuvent être associées au modèle 3D (voir ci-dessous). En Grande-Bretagne, tous les projets publics doivent correspondre à ce niveau dès 2016.

Niveau 3
Tous les participants travaillent sur le même modèle compatible IFC, situé dans un serveur centralisé et qui englobe toutes les dimensions de la MDB (voir  ci-dessous). Communément appelé Open BIM ou « BIM intégré », cet ultime niveau de maturité de la MBD se bute actuellement à des questions de propriété intellectuelle, de responsabilité et de règlementation. C’est pourquoi il est surtout utilisé à des fins expérimentales.

 

 

Dimensions

MDB 2D
Les plans 2D peuvent toujours être utilisés dans le processus de MDB.

MDB 3D
Essentielle à la MDB, la modélisation 3D permet notamment de détecter les interférences, visualiser le bâtiment pendant la construction, discuter de différentes options avec le client ou établir les spécifications des composantes préfabriquées.

MDB 4D
Association de la variable « temps » aux éléments géométriques, par exemple pour visualiser la durée d’une opération, la progression d’une phase, voire l’ensemble de la logistique entourant la construction (location d’équipement, mesures de sécurité, etc.). 

MDB 5D
Association de la variable « coût » à celles de l’espace et du temps, afin d’estimer la valeur économique d’un projet ou encore d’assurer le suivi budgétaire. 

MDB 6D
Comprend tous les aspects de développement durable, comme les analyses d’efficacité énergétique.

MDB 7D
Englobe les informations relatives à l’utilisation et à la maintenance du bâtiment (certaines sources mettent cet aspect dans la catégorie 6D). 

MDB XD
Tout autre type d’information supplémentaire que l’on pourrait imaginer.

Sources : Designing Buildings Wiki, NBS, BIM Talk, Objectif BIM.

 

 

Niveaux de développement

L’American Institute of Architects a élaboré une classification standardisée pour décrire le niveau de développement d’une maquette MDB selon son état d’avancement. On appelle communément ce niveau LOD, pour Level of Development. L’industrie de la construction nord-américaine s’en sert notamment dans les appels d’offres. Chaque niveau spécifie la nature des données devant être associées à un élément de la maquette.

Niveau 100 représentation graphique sous forme de symboles ou de formes génériques; peut inclure certains éléments d’information comme le coût au pied carré.

Niveau 200 représentation graphique en tant qu’objet, système ou assemblage générique documentant les aspects suivants de manière approximative : quantité, forme, dimensions, localisation, orientation. Peut être lié à des données non graphiques.

Niveau 300 représentation graphique en tant qu’objet, système ou assemblage spécifique documentant les aspects suivants : quantité, forme, dimensions, localisation, orientation. Peut être lié à des données non graphiques.

Niveau 350 données du niveau 300, auxquelles s’ajoutent les interactions avec d’autres systèmes
du bâtiment.

Niveau 400 données du niveau 300, auxquelles s’ajoute de l’information relative à la fabrication, l’assemblage et l’installation.

Niveau 500 données du niveau 300 telles qu’elles ont été vérifiées sur le terrain, après la construction.

Source : BIMForum

 

 

Plan de gestion BIM

En principe, les appels d’offres qui requièrent la MDB devraient intégrer un plan de gestion BIM (ou PGB, traduction popularisée au Québec de BIM Execution Plan). Celui-ci dresse le portrait du projet en mentionnant ses particularités :

• Mode de réalisation

• Envergure du projet        

• Objectifs recherchés de la MDB et usages liés (détection des interférences, estimation, analyses énergétiques ou autres)       

• Intervenants, rôles et responsabilités        

• Stratégies de déploiement et de modélisation (processus, découpage des maquettes, niveau de développement et d’information [LOD/LOI], gestion du phasage, aspects graphiques, fréquence d’échange des maquettes, etc.)         

• Moyens technologiques (infrastructure TI, logiciels utilisés et leurs versions, outils d’échange des maquettes, etc.)

Ces aspects devraient être adaptables quand les professionnels entrent en jeu, afin de favoriser la réalisation du projet en fonction des outils, spécialisations et compétences de toutes les parties.

Source : D'après les explications de Franck Murat, directeur BIM chez Provencher Roy et président du Groupe BIM Québec.