Esquisses, vol. 28, no 3, automne 2017

Professionnels formés à l’étrangerLes grands moyens

Le sort des professionnels formés à l’étranger fait régulièrement la manchette depuis quelques mois. Sensible à leur réalité, l’OAQ s’organise pour bien accueillir les personnes concernées.

Sébastien Desparois,  directeur de la pratique professionnelle à l’OAQ

Des 148 architectes admis à l’Ordre en 2016-2017, près du tiers, soit 43, ont été formés à l’extérieur du Québec, dont 36 à l’extérieur du Canada. Cette proportion devrait augmenter au cours des prochaines années, dans la foulée de l’accord de reconnaissance mutuelle (ARM) que négocie actuellement le Regroupement des ordres d’architectes canadiens avec le Conseil des architectes d’Europe.

L’intégration des professionnels formés à l’étranger soulève deux enjeux d’importance. D’une part, la reconnaissance de la formation et des qualifications professionnelles se révèle parfois ardue, que ce soit pour des raisons financières ou administratives. D’autre part, une fois cette reconnaissance accordée, rien ne garantit l’accès et l’intégration à l’emploi des personnes touchées.

Conscient de ces difficultés, l’OAQ agit de plusieurs façons pour mieux comprendre le phénomène et concevoir des solutions appropriées.

Formation et réflexion

Grâce à une subvention de 172 450 $, dont l’octroi a été confirmé en mai dernier par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), l’Ordre prévoit élaborer une plateforme de cours en ligne destinée en priorité aux architectes formés à l’étranger. Cette somme permettra également de mettre en place des outils de réflexion sur la pratique professionnelle qui découleront du référentiel de compétences. Il s’agira d’un questionnaire d’autoévaluation permettant à l’architecte ou au candidat à la profession de déterminer les compétences qu’il doit acquérir ou parfaire et d’une politique de développement professionnel continu qui complémentera le règlement sur la formation continue obligatoire.

Le 6 juin, l’Ordre a participé à une journée de réflexion organisée par un comité mixte regroupant le Conseil interprofessionnel du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Trois sujets étaient à l’ordre du jour : le projet IPOP, offert par Emploi-Québec et le MIDI, portant sur l’intégration en emploi de personnes formées à l’étranger qui lui sont dirigées par un ordre professionnel; la modernisation du système de sélection des immigrants professionnels par le MIDI; le recours au microcrédit communautaire pour combattre le taux élevé de décrochage suscité par des verdicts de reconnaissance partielle d’ordres professionnels du Québec. Alimenté par l’apport des différents ordres qui étaient présents,
le comité mixte poursuit ses travaux.

Les 15 et 16 juin, l’Ordre a participé à la conférence multidisciplinaire internationale « L’accès aux professions réglementées à l’épreuve de la mobilité internationale », organisée par le Partenariat d’analyse sur les professions réglementées : inclusion, citoyenneté, accès (PAPRICA). Cette conférence a donné lieu à des échanges constructifs, et l’équipe de la pratique professionnelle en a profité pour tisser des liens avec des collaborateurs du milieu de la recherche qui pourront éventuellement l’accompagner dans ses activités d’admission des professionnels formés à l’étranger.

Dans les années qui viennent, l’atterrissage au Québec devrait donc se faire plus en douceur.


 

Part des diplômés de l’extérieur du Québec admis à l’OAQ*

2016-2017 : 29 % (43 admis sur 148)

2015-2016 : 15 % (27 admis sur 178)

2014-2015 : 20 % (37 admis sur 180)

* Candidats admis en vertu d’une reconnaissance basée sur l’équivalence d’un diplôme obtenu à l’étranger, ou sur la détention d’une autorisation légale d’exercer la profession hors du Québec.