Esquisses, vol. 26, no 4, hiver 2015-2016

Après la batmobile, le batbridge

Photo : Raymond Rutting

La Ville de Monster, aux Pays-Bas, vient d’inaugurer un pont destiné aux piétons, aux cyclistes et... à quatre espèces de chauves-souris! Il faut dire qu’une crise du logement – en quelque sorte – sévit chez ces animaux protégés, en raison des rénovations de bâtiments et des coupes d’arbres creux dans lesquels ils ont l’habitude de nicher.  

C’est pourquoi la firme Next Architects a prévu, dans le tablier du pont, des cavités séparées par des murs de maçonnerie où les chauves-souris peuvent passer l’hiver à l’abri du froid et des prédateurs. À d’autres moments de l’année, elles préféreront sans doute se suspendre dans les profondes fentes sous la structure ou entre les briques rouges qui forment l’une des rambardes (l’autre est constituée de bardages de bois). L’idée était de leur offrir de multiples possibilités sans qu’elles soient dérangées par les autres utilisateurs. D’une longueur de 25 m, le pont du nom de Vlotwatering a coûté l’équivalent de 1 M$ CA. Minimiser son empreinte environnementale, c’est bien, favoriser les écosystèmes, c’est mieux!  

 

 

Matériaux : Repousser à l’infini

Photo : Caroline Léna Becker

Je suis plus résistant et meilleur marché que l’acier, en plus d’être très durable. Qui suis-je ? Le professeur Dirk Hebel, de l’Institut fédéral de technologie de Zurich, en Suisse, connaît la réponse, lui qui est persuadé que le bambou peut révolutionner l’industrie de la construction. Il a en effet mis au point un nouveau matériau composite, constitué de fibres de bambou et de résine végétale, qui peut être mis en forme, scié et poncé comme du bois. Sous forme de barres, il peut servir à renforcer le béton à la place des tringles d’acier, et ce, sans perte de solidité, bien au contraire. C’est en tous les cas ce que semblent démontrer les tests menés au Future Cities Laboratory à Singapour. 

Rappelons que le bambou est déjà largement utilisé en construction dans certains pays. Des starchitectes, dont le plus connu est le Japonais Shigeru Ban, l’ont remis au goût du jour, notamment pour ses qualités esthétiques.

 

 

Sagrada família : Le ciel a assez attendu

Photo : Robert Young

Le chantier de la basilique Sagrada Família, commencé à Barcelone il y a 133 ans, serait entré dans sa phase finale en octobre dernier. C’est du moins ce qu’a annoncé l’architecte en chef Jordi Faulí, affirmant que si la cadence se maintient, le chef-d’œuvre d’Antoni Gaudí pourrait être achevé en 2026, soit 100 ans après la mort du concepteur. Financé au compte-gouttes par la vente de tickets et les dons privés, ce lieu de culte d’une extravagance inouïe avait fait de son état d’inachèvement sa marque de commerce. 

Or, puisque 70 % de l’ouvrage a maintenant été construit et que de nouvelles techniques de maçonnerie permettent de travailler plus rapidement, il semble réaliste d’envisager que les 6 tours qu’il reste à construire seront érigées au cours des 11 prochaines années. La plus haute, consacrée à Jésus, devrait dépasser 172 m, comme l’illustre une vidéo 3D anticipant la suite des choses. Ne restera ensuite qu’à exécuter quelques détails de finition qui, eux, pourraient nécessiter de quatre à six années de travaux supplémentaires. Mais comme avait l’habitude de dire Antoni Gaudí, le client – Dieu – n’est pas pressé.  

 

 

HQE au Québec

Centre culture et environnement Frédéric Back, Québec. Recyclage, rénovation, réaménagement et mise aux normes, BGLA. Photo : Jean Gagnon

Le milieu québécois de la construction a désormais un interlocuteur local en ce qui concerne la certification Haute qualité environnementale (HQE). En effet, Écobâtiment, de Québec, a conclu en octobre une entente avec Cerway, l’organisme qui chapeaute ce label d’origine française à l’international.  

Écobâtiment a ainsi été désigné comme intermédiaire pour acheminer les dossiers de certification et comme formateur pour les professionnels souhaitant ajouter une corde à leur arc. Il s’agit d’une première implantation en Amérique du Nord pour HQE. 

Dominante en France, la certification HQE se distingue de LEED par l’importance qu’elle accorde à la santé, à la qualité de vie et au confort des occupants. Outre la qualité de l’air, la certification aborde ainsi le confort visuel et acoustique, la qualité des matériaux et la qualité de l’eau. 

Deux cours sont actuellement offerts aux profession-nels québécois : Référent certification HQE, qui permet d’accompagner les maîtres d’ouvrage dans le processus de certification, et Auditeur HQE, qui prépare à effectuer l’audit externe des bâtiments en vue de leur certification. Les bureaux d’architectes intéressés par une séance d’information gratuite peuvent contacter Paul Dupas à paul.dupas@ecobatiment.org.  

 

 

Précision

École primaire de la Grande-Hermine, Québec, Consortium ABCP + Bisson architectes.
Photo : Stéphane Groleau

Dans l’article intitulé « La Grande-Hermine – Première de classe » (Esquisses, automne 2015), nous affirmions que cet établissement de Québec était la seule école certifiée LEED dans la province. C’est du moins ce que nous avions pu établir en consultant le répertoire du Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa), qui effectue une recension exhaustive des bâtiments certifiés LEED ou en voie de l’être. Or, à la suite de la publication, nous avons été informés qu’au moins deux autres écoles ont également obtenu le sceau. Le CBDCa, à qui nous avons demandé des éclaircissements, confirme que les deux écoles en question sont certifiées, mais que la commission scolaire ne souhaite pas que l’information soit rendue publique.  

 

 

Inspection des façades

Les architectes Richard Trempe et Marie-France Bélec ont publié en octobre le Programme d’accompagnement en inspection et entretien préventif des façades, édité avec la collaboration de l’OAQ et du Fonds des architectes. Destiné aux professionnels et aux propriétaires de bâtiments, le guide répond au besoin d’établir des balises dans ce champ de pratique encore mal connu au Québec.  

Entré en vigueur en 2013, le Règlement visant à améliorer la sécurité dans le bâtiment oblige tous les propriétaires d’immeubles de cinq étages et plus à en faire inspecter les façades tous les cinq ans par un professionnel compétent, ingénieur ou architecte. Toutefois, la loi demeure muette sur les moyens à mettre en œuvre pour procéder. La Régie du bâtiment du Québec a depuis publié un guide explicatif, mais cela n’a pas empêché la diffusion d’appels d’offres imprécis. 

Le nouvel ouvrage met donc les pendules à l’heure en offrant une vue d’ensemble du processus d’inspection des façades. En plus de suggérer un cadre méthodologique, il brosse un tableau de la règlementation et des normes en vigueur, indique des pistes pour lancer de bons appels d’offres et sensibilise aux principes de l’entretien préventif. Les auteurs font d’ailleurs le vœu que l’obligation d’inspection incite les propriétaires à adopter des programmes d’entretien en bonne et due forme afin d’assurer encore plus efficacement la sécurité du public. 

Le guide peut être téléchargé gratuitement sur le site de l’OAQ.  

 

 

Guide de prévention Tome 2

Le Fonds des architectes vient de dévoiler le deuxième tome de son Guide de prévention. La nouvelle publication porte essentiellement sur la surveillance des travaux, en plus d’aborder d’autres champs de pratique tels l’inspection des façades, l’inspection préachat et le rôle d’architecte-expert. Le premier tome, paru l’an dernier, décortique quant à lui les bonnes pratiques à maîtriser en amont des travaux, notamment en ce qui a trait aux contrats, aux appels d’offres et aux plans et devis. Les deux documents peuvent être téléchargés gratuitement depuis le site du Fonds.