Esquisses, vol. 26, no 4, hiver 2015-2016

Sur la place publiqueInterventions de l'Ordre

 

Prévention  des litiges

Entre 2010 et 2014, le nombre des réclamations présentées au Fonds des architectes est passé de 179 à 291. Devant ce constat, l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) a fait de la prévention des litiges le thème de son assemblée générale annuelle, le 30 octobre dernier. Un panel a donc réuni les dirigeants de l’AAPPQ, du Fonds et de l’OAQ, trois organisations qui collaborent sur cet enjeu.

Nathalie Dion a rappelé que l’action de l’Ordre se situe en amont des litiges, sur le plan de la prévention, notamment par l’encadrement de la profession et le développement des compétences (par l’entremise de la formation, de l’inspection et de l’aide à la pratique). Les architectes peuvent éviter de se placer dans des situations à risque, en particulier en respectant scrupuleusement le Code de déontologie.

 

 

École Saint-Gérard

Nouvelle école Saint-Gérard, Montréal, FSA Architecture

Le 8 octobre, l’Ordre s’est joint à Équiterre et au comité des parents de l’école Saint-Gérard, à Montréal, pour dénoncer le retrait de dispositifs durables des plans de reconstruction de cet établissement, exigé par le ministère de l’Éducation. Le toit vert, la géothermie, l’éclairage DEL et l’atrium étaient notamment visés. Cette conférence de presse s’est tenue sur le toit de la Maison du développement durable, un bâtiment exemplaire que nous aurions bien aimé faire découvrir au ministre de l’Éducation, François Blais. La faible consommation d’énergie de ce bâtiment prouve en effet la pertinence de ces mesures d’économie. Une lettre ouverte a également été adressée au ministre.

Pour l’OAQ, la décision du ministère envoyait un message contradictoire au moment même où le gouvernement consultait la population sur la cible québécoise de réduction des émissions de gaz à effet de serre et où il s’apprêtait à dévoiler sa Politique énergétique.

Heureux dénouement : début novembre, le ministère a fait des concessions en acceptant que la géothermie, l’éclairage DEL et un toit blanc soient de nouveau inclus dans le projet. Dommage, tout de même, que l’atrium, un des éléments architecturaux les plus forts du projet, n’ait pas été réintégré au programme.

 

Politique nationale de l’architecture

Jardin du pavillon central de la Biennale de Venise, Carlo Scarpa

L’Ordre poursuit son travail de promotion pour l’adoption d’une politique nationale de l’architecture (PNA). Le 26 octobre, la présidente, Nathalie Dion, et le directeur des communications et des affaires publiques, Pierre Frisko, ont ainsi rencontré le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel. Celui-ci s’est montré particulièrement intéressé par notre démarche. Il convient en effet qu’un cadre bâti de qualité et mieux planifié améliorerait le bilan énergétique et la lutte aux émissions de gaz à effet de serre du Québec.

Politique nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme

Photo : Ville de Victoriaville

L’Ordre est partie prenante de l’alliance ARIANE – constituée de différents acteurs de l’aménagement – qui souhaite que le Québec se dote d’une politique nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. La présidente, Nathalie Dion, était présente à la conférence de presse de lancement de l’alliance, le 29 septembre dernier. Les citoyens ont été invités à signer la déclaration qui appuie cette demande, sur le site www.ariane.quebec. L’évènement a été largement relayé dans les médias.

Le 27 octobre, au terme de la consultation gouvernementale sur la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec d’ici 2030, ARIANE a également publié un communiqué rappelant la nécessité, pour la province, de se doter d’une vision globale en matière d’aménagement et d’urbanisme pour parvenir à améliorer son bilan carbone.

L’Ordre continuera de s’impliquer dans cette alliance, dont la démarche est complémentaire à celle qu’il mène au sujet de la PNA.

 

 

Atelier d’Ernest Cormier

Atelier Ernest Cormier, Montréal, Ernest Cormier. Photo : Alexis Hamel

Le 30 octobre, l’OAQ a adressé une lettre ouverte à Hélène David, ministre de la Culture et des Communications, afin d’exprimer son inquiétude au sujet de la vente de l’ancien atelier du célèbre architecte montréalais Ernest Cormier (1885-1980). Rappelons que la Société québécoise des infrastructures avait mis le bâtiment sur le marché par l’entremise d’un banal appel d’offres qui omettait toute référence à son intérêt patrimonial. Cette démarche avait été entreprise sans que soient avisés les acteurs concernés, tels la Ville de Montréal et les organismes de protection du patrimoine, et sans réflexion sur l’usage. Pour l’Ordre, il s’agit encore une fois d’une intervention à la pièce qui  s’est effectuée sans la nécessaire vision globale qui devrait prévaloir. La lettre demandait donc à la ministre d’intervenir pour que le processus soit repris en suivant les étapes essentielles d’une gestion respectueuse du patrimoine. Début novembre, Québec a finalement publié un avis d’intention de classement pour ce bâtiment.