Boîte noire II    

Prix du public 2019

Dans l’environnement urbain bâti de Montréal, la façade arrière est la face cachée de la ville. On peut y risquer l’inédit et on peut oser l’interdit ! Les maisons en rangée du début du 20e siècle de Montréal sont à rénover et le défi est de les agrandir et de les recomposer pour créer de nouvelles typologies d’habitation adaptées au mode de vie contemporain. La BOÎTE NOIRE II est la suite d’une série de petites architectures érigées en cour arrière et cherchant à redéfinir notre patrimoine d’habitations urbaines. Les cours arrière sont des lieux où l’on peut concevoir une architecture ludique, désinvolte et inédite. Nous avons greffé deux parallélépipèdes noirs disposés en quinconce, en façade arrière à une maison unifamiliale typique de Montréal avec une recherche d’équilibre entre le nouveau et l’ancien. Étonnamment, l’apparente légèreté de ce jeu de volumes résulte dans la dissimulation d’un judicieux système structurale d’acier. La BOÎTE NOIRE II est aussi la suite d’une série de petites architectures conçues comme un écrin, tel un objet précieux, une fine œuvre d’ébénisterie. C’est un coffret revêtu d’un matériau lisse et noir à l’extérieur et de bois blond à l’intérieur. Ce projet est un plaidoyer en faveur de l’art constructif, reconnaissant la complicité entre l’architecte, les bâtisseurs et les propriétaires, participant tous activement à la recherche de qualité, autant technique qu’esthétique. L’art de l’architecture se manifeste ici dans toutes ses dimensions. Paradoxalement, la face cachée des maisons est probablement la face la plus vue. Les citoyens urbains habitent les cours arrière et requièrent une meilleure qualité de l’environnement bâti. La reconstruction des façades arrière redéfinit la qualité de vie, favorisant le vivre en ville et restreignant l’étalement urbain. La cour arrière, ainsi architecturée va renouveler le regard et débrider l’imaginaire des citoyens urbains. Ode à la face cachée de la ville !

Natalie Dionne Architecture