Organismes du domaine du patrimoine

Organismes du domaine du patrimoine

Cette rubrique se penche sur les principaux organismes du domaine du patrimoine, des mines d’or pour les architectes.

Icomos Canada

Créée en 1975, Icomos Canada est la section canadienne du Conseil international des monuments et des sites. Créée à l’initiative de l’UNESCO, cette organisation internationale est née dans la foulée de la Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, ou Charte de Venise, en 1964. Elle a son siège à Paris et compte 95 comités nationaux.

Au pays, Icomos Canada est un lieu d’échange d’information et d’expertises entre spécialistes. Il fait autorité en matière de pratique de la conservation du patrimoine bâti, dont il vise l’amélioration. Icomos établit les principes et les normes de conservation, évalue les politiques et fait pression pour les renforcer, en plus d’encourager la recherche scientifique et les échanges internationaux sur le sujet. Tous les bulletins de l’organisation sont disponibles sur son site, où figure un sommaire détaillé, ce qui permet de retrouver des articles anciens qui demeurent d’intérêt.

Son président est le Montréalais Dinu Bumbaru. Le vice-président du comité francophone est Alain Desjeans, et le vice-président du comité scientifique est l’architecte Medhi Ghafouri. Chaque année, Icomos Canada organise un congrès national.

 

Fondation Héritage Canada

La fondation Héritage Canada (FHC) est une fiducie nationale, enregistrée comme organisme de bienfaisance, créée en 1973 par le gouvernement canadien. Elle a pour objectif de protéger les lieux historiques sur son territoire. Elle s’emploie donc à sensibiliser la population à la conservation du patrimoine, à sauvegarder des biens patrimoniaux et à les faire connaître. Elle possède et gère certains sites, comme la chapelle du Lieu historique national du Manoir-Papineau, à Montebello.

En plus d’une conférence nationale sur le patrimoine, elle établit chaque année le Palmarès des 10 sites les plus menacés, qui permet d’attirer l’attention sur un monument en péril, voire d’en éviter la destruction. Dans le palmarès 2012, on trouve l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, à Montréal. La fondation publie par ailleurs le magazine Héritage et soutient d’autres organismes, telle la Fondation Rues principales (voir plus loin). Son site constitue une précieuse source d’information, notamment sur le financement relatif au patrimoine ou à sa mise en valeur.

La fondation Héritage Canada cherche aussi à influencer la législation des différents gouvernements afin que le patrimoine soit mieux préservé partout au pays. Richard M. Bégin représente le Québec au conseil d’administration, présidé par le Terre-Neuvien David Bradley.

 

Action Patrimoine

Action patrimoine est un organisme privé à but non lucratif qui œuvre depuis 1975 à protéger, à mettre en valeur et à faire connaître le patrimoine bâti et les paysages culturels du Québec.

Son approche en patrimoine, véhiculée par ses activités de diffusion, de sensibilisation et de formation, s’inscrit véritablement dans l’action. L’organisme propose notamment de la formation sur le patrimoine bâti et les paysages culturels ainsi qu’un colloque annuel, activités pertinentes pour les architectes. Il donne aussi des avis et prises de positions sur des sujets patrimoniaux d’actualités.

Action patrimoine croit fermement que le patrimoine bâti et les paysages culturels contribuent à l’identité collective et participent à la qualité de vie des citoyens. Pour remplir pleinement sa mission, l’organisme mène des actions d’éducation, d’édition et d’intervention auprès des citoyens, des institutions et des gouvernements.

 

Le siège social d’Action patrimoine se trouve à la maison Henry-Stuart à Québec, site classé. Louise Mercier en est la présidente depuis 2004. Plusieurs architectes collaborent au sein de l’organisme notamment dans le conseil d’administration ainsi que les comités.

Docomomo Québec

Docomomo Québec est une association à but non lucratif vouée spécifiquement à la connaissance et à la sauvegarde de l’architecture du 20e siècle. Elle a été créée en 1990 sous le nom de Montréal moderne, à la suite de l’action menée par un groupe d’architectes pour la protection du Westmount Square de Montréal, construit par Mies van der Rohe.

En 1993, l’association s’associe au réseau de Docomomo International, fondé aux Pays-Bas en 1988 en vue de documenter et de conserver l’architecture du mouvement moderne (d’où son nom : Documentation et conservation du mouvement moderne). L’organisme, aujourd’hui représenté dans plus de 50 pays, a son siège au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Le secrétariat de la section québécoise loge à l’École de design de l’Université du Québec à Montréal.

Docomomo fait des représentations auprès des propriétaires et des autorités pour favoriser la conservation du patrimoine architectural moderne au Québec, organise des séminaires, des colloques et des expositions, et publie des mémoires, des articles, des livres et des CD-Rom. France Vanlaethem en est la présidente.

 

Association québécoise pour le patrimoine industriel

Créée en 1988, l’Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI) intervient auprès des entreprises, des syndicats, des décideurs et de toute autre instance concernée par ce patrimoine. Elle appuie des dossiers de sauvegarde, organise des activités de sensibilisation et de découverte, et encourage le réseautage. Cette association à but non lucratif s’intéresse au patrimoine industriel dans son ensemble, soit les biens matériels et immatériels qui font l’histoire des usines et manufactures, des entreprises et du monde du travail. Il s’agit donc de bâtiments, mais aussi d’objets, d’archives et de savoirs. La présidence est assurée par Lise Noël.

Conférences, visites sur le terrain et recherches forment l’autre volet de son rayon d’action. Par exemple, à la demande du ministère de la Culture et des Communications, l’AQPI mène le projet « Mieux connaître le patrimoine industriel » afin de sélectionner 50 bâtiments, d’en documenter l’intérêt et de bonifier les bases de données où ils sont peu représentés. Enfin, l’AQPI diffuse le manuel Découvrir le patrimoine industriel, guide d’introduction et d’intervention, visant la conservation du patrimoine industriel. Son site est aussi une bonne introduction à la thématique, expliquant les enjeux à prendre en compte, les éléments précis du patrimoine industriel ou, par exemple, les questions à se poser pour évaluer la valeur historique d’un bâtiment.

Héritage Montréal

Héritage Montréal revendique le titre de « promoteur de l’ADN de la métropole depuis plus de 30 ans ». Fondé en 1975, cet organisme à but non lucratif défend en effet sur toutes les tribunes le patrimoine immobilier du Grand Montréal et encourage sa préservation. Il concentre essentiellement son action sur le cadre bâti au sens large.

L’éducation et la sensibilisation passent par l’organisation de visites guidées et de conférences destinées au grand public telles les Architectours. Tout en exerçant une veille patrimoniale, Héritage Montréal conseille également les décideurs quant aux politiques à mettre en place. Le directeur des politiques de l’organisme, Dinu Bumbaru, en est aussi le porte-parole et intervient régulièrement sur la place publique. Au-delà de la publication de communiqués et d’une présence dans les médias, Héritage Montréal produit des mémoires, des rapports et des études. Il dresse chaque année la liste des sites emblématiques menacés sur l’île de Montréal.

À noter : l’organisme dispose d’un important centre de documentation qui compte plus de 5000 monographies, périodiques et coupures de presse et auquel les chercheurs, les professionnels ou les étudiants peuvent adresser des demandes. Son président est Robert Turgeon.

 

Fondation Rues principales

La Fondation Rues principales est un organisme à but non lucratif qui propose aux municipalités canadiennes des services d’aide à la revitalisation socioéconomique des centres-villes. Cette revitalisation passe par la mise en valeur du patrimoine bâti des artères commerciales, la relance économique et l’amélioration de l’urbanisme. Concrètement, la démarche mise sur la concertation et la création de partenariats entre les acteurs locaux ainsi que le développement de stratégies visant à diversifier le commerce, animer et promouvoir le cœur de la ville, améliorer les espaces publics et embellir les bâtiments.

Depuis sa création en 1985, 250 villes ont fait appel à cette expertise. La Fondation Rues principales, présidée par Langis Simard et dirigée par Michel Lavergne, emploie une dizaine de personnes aux profils variés, dont deux architectes. Les deux paliers de gouvernement soutiennent sa mission.

En collaboration avec la Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels de l’Université Laval, l’organisme propose de la formation continue. Il conçoit aussi des ateliers de formation sur mesure, notamment sur les thèmes de la gestion du patrimoine en milieu municipal ou l’état de santé des bâtiments. Il a également publié une vingtaine de fiches-conseils, dont plusieurs de grand intérêt pour les architectes, telles que « Le plan d’implantation et d’intégration architecturale », « Les revêtements extérieurs », « Aménager des rues conviviales », etc.

 

Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec

Fondée en 1980, l’association Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ) compte 700 membres. Sa mission s’articule autour de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine bâti résidentiel et de son environnement. En plus de faire de la sensibilisation auprès du public et des représentations auprès des autorités, elle constitue un réseau d’échange d’information et d’expériences. Elle mène aussi des projets de préservation. Depuis 2010, la priorité va aux actions en milieu rural.

Neuf comités de travail soutiennent le conseil d’administration, présidé par Louis Patenaude. L’APMAQ organise des conférences, notamment dans le cadre de son congrès annuel. La dernière portait sur l’impact de la nouvelle Loi sur le patrimoine. L’association propose également des ateliers sur les techniques traditionnelles de restauration dans la construction domiciliaire, en collaboration avec des centres de formation professionnelle.

 

Conseil du patrimoine religieux du Québec

Cette organisation sans but lucratif a été créée en 1995 sous le nom Fondation du patrimoine religieux du Québec, afin de regrouper les organismes œuvrant dans le domaine, qu’il s’agisse de fidèles ou de communautés propriétaires d’édifices. Elle disposait d’emblée d’un fonds à gérer provenant du ministère de la Culture et des Communications pour la restauration du patrimoine religieux. Elle a mené ensuite les deux phases de l’Inventaire des lieux de culte du Québec et organisé plusieurs colloques universitaires sur le sujet avant de prendre son nom actuel, en 2007.

Sous la houlette d’un conseil d’administration présidé par Michel Lavoie, la direction générale est chargée de la gestion du programme « Aide à la restauration du patrimoine religieux ». En effet, le Conseil du patrimoine religieux a toujours l’aval du ministère quant au financement de la restauration des édifices et des œuvres d’art qu’ils renferment.

Douze tables de concertation régionales sont actives au Québec. Elles regroupent des représentants laïques ou religieux, des propriétaires de bâtiments patrimoniaux, des représentants du ministère et des experts architectes ou historiens. Elles diffusent de l’information sur le programme d’aide, recommandent les projets de restauration en fonction des enveloppes budgétaires et assurent le suivi. Le site Web contient tous les renseignements pertinents à l’obtention d’une subvention : travaux admissibles, conditions à respecter et démarches à entreprendre.

 

Association des plus beaux villages du Québec

L’Association des plus beaux villages du Québec regroupe 35 villages situés dans 11 régions touristiques. L’idée est de valoriser – après sélection – le patrimoine architectural et paysager de grand intérêt en milieu rural de promouvoir le tourisme. Au-delà des critères patrimoniaux et architecturaux existants, les villages doivent notamment respecter la Charte de la qualité. La grille d’évaluation est disponible sur le site de l’association, où l’on trouve aussi les circuits, les cartes et une liste des membres.

L’organisme, qui existe depuis 1997, est présidé par Martin Lévesque, maire de Saint-Antoine-sur-Richelieu. Elle compte deux conseillers : le fondateur Jean-Marie Giradville et l’ethnohistorien Yves Laframboise. En 2003, elle a participé à la création de l’Association des plus beaux villages de la Terre, avec ses homologues de la France, de la Wallonie (Belgique) et du Japon.

 

Ruralys

Cet organisme sans but lucratif est surtout actif dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-du-Sud, mais constitue une référence en matière de patrimoine rural partout au Québec. Ruralys offre notamment des services-conseils, met au point des outils d’intervention sur le patrimoine rural, et mène des actions de sensibilisation et des projets de recherche. Son credo : une vision intégrée du patrimoine dans un cadre de développement durable.

Ses principaux champs d’intervention sont l’architecture résidentielle ancienne (maisons de 1950 et antérieures), les paysages naturels et humanisés, le patrimoine génétique végétal, les savoir-faire techniques et traditionnels (les traditions et usages alimentaires) et l’archéologie (sites historiques et préhistoriques, culture matérielle).

Située à La Pocatière, Ruralys est dirigée par l’historienne Dominique Lalande. Son conseil d’administration est formé de six personnes.