Fahouse    

Bâtiments résidentiels de type unifamilial 2017

Blottie dans l'intimité d’une forêt de pruches, FAHOUSE présente une construction étonnante semblant émerger d’un conte pour enfants. L’architecte Jean Verville élabore un assemblage graphique dérivé de la figure archétypale de la maison se dressant tel deux conifères géants, et intensifiant l’aspect onirique de cette proposition architecturale. Il y explore un imaginaire intimement lié au lieu, à l’espièglerie distinguant la relation parents-enfants, ainsi qu’à la vie de famille, afin de revisiter les paramètres du chalet familial. L’implantation compacte de la nouvelle construction conserve intact l’aspect naturel du site intimement lié au concept. Le profil double de la proposition simule la présence, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, de deux maisons. Les espaces de vie en rez-de-jardin créent une connexion avec la nature, alors que les pignons contiennent les zones privées, conservant ainsi les vues plongeantes sur le lac pour les activités personnelles et contemplatives. Le déploiement architectural de l’escalier articule le rez-de-jardin tout en régissant la parade des accès aux quartiers perchés des deux maisons. Les deux volumes noirs se juxtaposent en une composition monolithique alors que la silhouette colossale du volume principal dégage un espace négatif agissant comme indice d’accès au bâtiment entraînant l’usager sous l’impressionnant porte-à-faux équilibré par la puissance rassurante de l’ancrage au sol de cette construction monumentale. Afin de réaliser une forme des plus expressives, l’architecte favorise l’utilisation d’un unique matériau pour toute l’enveloppe afin de créer une matérialité biffant les rencontres de plans au profit d’une uniformité. L'utilisation du noir confère une présence discrète à l’assemblage, le rendant presque imperceptible dans la forêt. L’examen attentif de l’ensoleillement exploite le gain maximal de luminosité pour jouer de contrastes entre une transparence presque démesurée et une opacité totale. Des faces entières du volume semblent disparaître alors que d’autres se trouve entièrement inaltérées, contribuant à la forte impression sculpturale qui émane de FAHOUSE.

Jean Verville architecte