Une conception de qualité apporte une valeur économique ajoutée aux propriétaires, aux occupantes et occupants, à la collectivité et à la planète, quels que soient la taille et le budget du projet.

- Comment offrir de l’abondance tout en vivant selon nos moyens?
- Comment concevoir des projets solides qui renforcent les ressources économiques, naturelles, intellectuelles et expérientielles?
- Comment les choix de conception équilibreront-ils le coût et la valeur à long terme?
- Comment peut-on améliorer les performances de ce projet sans qu’il y ait d’incidence sur les coûts et la conception?
Principaux thèmes
- Taille du bâtiment
- Utilisation et réutilisation des matériaux
- Besoins d’exploitation
- Financement et mesures incitatives
- Liens avec la collectivité
- Estimation des coûts et ingénierie de la valeur
- Analyse de coût global
Boîte à outils : Concevoir pour l’économie
Si vous ne pouvez faire qu’une chose (ou quelques-unes) :
- CARBONEUTRALITÉ : réutilisez un bâtiment existant si possible et réutilisez les matériaux partout où c’est indiqué.
- CARBONEUTRALITÉ : rajustez le programme tôt dans le projet et conservez la superficie la plus efficace possible tout en favorisant l’expérience des occupants et occupantes et en assurant une conception axée sur le changement.
- RÉSILIENCE : établissez la durée de vie proposée pour le bâtiment et créez un plan d’adaptation aux risques et dangers au fil du temps.
- ÉQUITÉ : concevez pour soutenir une économie locale dynamique, en préservant la diversité des populations et en soutenant les ressources et les activités commerciales locales.
- SANTÉ : des bâtiments plus sains contribuent à la santé des occupants et occupantes. Équilibrez les besoins en matière d’exploitation et d’entretien afin de contribuer à la santé et au bien-être, d’améliorer les résultats en matière de santé communautaire et de réduire les dépenses des ménages liées aux soins de santé.
Note : les passages en bleu indiquent des adaptations au contexte québécois.
Le développement durable est une approche de la planification économique qui tente de favoriser la croissance économique tout en préservant la qualité de l’environnement pour les générations futures. Concevoir pour l’économie fait partie intégrante de tous les aspects d’un projet, y compris le financement, la sélection du site, le programme de construction, l’aménagement des espaces, l’évaluation des systèmes de construction, la sélection des matériaux ainsi que l’estimation des coûts et de l’ingénierie de la valeur. Les avantages économiques de la durabilité sont bien établis : économies sur les coûts d’exploitation, réduction des délais de récupération et augmentation de la valeur des actifs. Concevoir pour l’économie profite non seulement aux propriétaires, mais aussi aux personnes qui utilisent les bâtiments, aux collectivités locales et à la planète. Ce principe va au-delà de l’aspect financier immédiat pour englober la préservation et l’amélioration du capital social et environnemental.
Une conception qui tient compte de l’économie est une conception durable. Il existe une idée toute faire dans l’industrie selon laquelle la conception durable augmente les coûts, de sorte que seuls quelques projets assortis de budgets élevés et d’objectifs ambitieux peuvent se permettre cette durabilité. Or, il n’en est rien. Certes, il faut considérer certains coûts initiaux additionnels, mais de nombreuses stratégies permettent d’améliorer les bâtiments sans entraîner de tels coûts ou de réaliser des économies initiales et de fonctionnement. Ces économies peuvent s’avérer d’une importance cruciale dans le cas de projets tels que les logements à prix modérés, où les coûts liés à la consommation d’énergie et d’eau sont assumés par les personnes les moins à même de se permettre une consommation excessive.
Réutiliser une construction existante est une autre stratégie qui permet de réduire les coûts initiaux et de préserver l’histoire de la collectivité. La requalification trouve sa valeur dans le tissu urbain existant, en améliorant l’enveloppe et l’espace intérieur afin de combler les lacunes environnementales de nos villes. Grâce à la réutilisation de matériaux structurels à forte empreinte carbone tels que l’aluminium, l’acier et le béton, il est possible de réduire le carbone intrinsèque du projet. La réutilisation des bâtiments présente d’autres avantages pour l’économie et l’équité : la répartition de ses coûts est généralement de 60 % pour la main-d’œuvre et 40 % pour les matériaux, contre respectivement 55 % et 45 % pour un projet de construction neuve. La réutilisation permet de conserver davantage de ressources dans la collectivité.
Concevoir pour l’économie s’inscrit dans une évaluation globale et synergique des décisions de conception plutôt que par poste budgétaire. Il s’agit de découvrir les possibilités indirectes de réduire et d’améliorer les coûts du cycle de vie d’un bâtiment, au profit de l’économie sociale et environnementale de la collectivité. On peut, par exemple, choisir une toiture parmi les systèmes qui présentent des avantages synergiques tels que la rétention des eaux pluviales (toits bleus), la réduction des îlots de chaleur ou la biophilie (toits verts). En architecture et en ingénierie de la valeur, le tout est plus grand que la somme des parties.
Taille du bâtiment
Un bâtiment de grandes dimensions coûte plus cher, utilise plus de ressources et consomme plus d’énergie qu’un bâtiment de petite taille. Rajuster la taille du bâtiment permet de réduire sa superficie afin d’économiser sur les coûts de construction et les ressources matérielles, et ainsi de réduire l’incidence opérationnelle et le carbone intrinsèque du projet. Une analyse approfondie du programme de construction peut non seulement produire des économies sur le plan de la taille du bâtiment, mais aussi rendre plusieurs usages possibles pour un même espace.
Le choix de l’emplacement offre de nombreuses possibilités d’économies. Tenez compte de la connectivité, du potentiel piétonnier et de celui de l’usage mixte. Il faut se pencher sur la conception résiliente et le cycle de vie en évaluant l’emplacement du site et sa relation avec les dangers observés et les dangers prévisibles. Le fait de situer un bâtiment bien conçu au mauvais endroit risque de contribuer au gaspillage de ressources économiques, de mettre en danger des vies et de dilapider les fonds investis.
Actions :
- L’espace doit être considéré comme une ressource à préserver, au même titre que l’eau ou l’énergie. L’utilisation efficace de l’espace de manière à préserver la conception, la portée du projet et la qualité du bâtiment est un bon indicateur d’une conception qui tient compte de l’économie.
- Les stratégies de réduction de la superficie comprennent notamment une planification efficace des bâtiments, le chevauchement des volets du programme et l’élimination des redondances. Établissez le programme selon le fonctionnement habituel du bâtiment et non en fonction de débordements occasionnels.
- Envisagez d’intégrer des espaces ayant plusieurs vocations, pour le ou la propriétaire ou d’autres personnes qui font usage du bâtiment, selon l’heure de la journée. Par exemple, dans la ville de New York, des « gymnatorium » sont aménagés dans les nouvelles écoles pour éviter d’avoir un gymnase et un auditorium séparés.
- Le ratio d’efficacité du bâtiment (la superficie nette divisée par la superficie brute) mesure le pourcentage d’espace rafraîchi ou chauffé prévu pour le programme de construction par rapport à la superficie brute totale du bâtiment. Bien que les ratios d’efficacité habituels diffèrent selon les types de bâtiments, un ratio d’efficacité plus élevé signifie une utilisation plus efficace de l’espace et des ressources.
- Prévoyez d’appliquer des modèles de consommation collaborative, qui donnent la priorité à l’utilisation commune plutôt que privée. Par exemple, offrir une bibliothèque d’objets partagés ou un service de nettoyage et d’entretien dans un immeuble multilogement peut réduire le besoin de chaque ménage de posséder une perceuse, un aspirateur, une échelle, etc. De plus, cela peut permettre de réduire la superficie du bâtiment.
- Trouvez des possibilités de nouer des relations de collaboration et de réciprocité au sein de la collectivité afin de partager des espaces et de développer la résilience. Le partage des ressources est un concept central de l’économie circulaire.
- Examinez si des locaux sont sous-utilisés et pourraient par conséquent servir à certaines activités du programme. Il faut également se demander si certains espaces peuvent être utilisés par d’autres de sorte que le client puisse en tirer des revenus. Il peut s’agir de louer l’auditorium d’une école à des groupes communautaires ou d’offrir des espaces de travail partagés durant la journée dans un restaurant qui n’ouvre que le soir. Tenez compte des ressources consacrées au stationnement et prônez des normes minimales qui réduisent l’espace qu’il occupe. Donnez la priorité au stationnement des véhicules en autopartage et des vélos en libre-service.
- Il faut reconnaître que la question de l’économie s’étend au-delà des murs de votre bâtiment et qu’elle a aussi une incidence à l’échelle du développement urbain. La construction de bâtiments de grandes dimensions et l’aménagement de nouveaux terrains vierges consomment de précieuses ressources sur les territoires de la municipalité – et leurs effets négatifs sont cumulatifs. Notamment, les coûts peuvent augmenter de manière indirecte pour le ou la propriétaire et pour les personnes qui utilisent le bâtiment. Par exemple, l’utilisation accrue des sols entraîne une augmentation de l’empreinte urbaine, ce qui nécessite plus de temps, d’énergie, d’infrastructures et de ressources financières pour que les citoyens et citoyennes puissent se déplacer dans la ville. Chaque année, des milliers d’heures de productivité économique sont perdues dans les municipalités en raison des longs trajets domicile-travail. Souvent, ce sont les propriétaires d’immeubles et les citoyennes et citoyens qui assument le coût de la construction et de l’entretien des infrastructures urbaines supplémentaires permettant de desservir une telle empreinte urbaine.
Utilisation des matériaux
Envisagez de réutiliser un bâtiment existant ou de le rénover avant de décider d’en construire un nouveau. Recyclez et réutilisez les matériaux sur place dans la mesure du possible. La réutilisation est la stratégie la plus efficace pour réduire le carbone intrinsèque et préserver les ressources pour l’avenir. La réutilisation, en particulier la préservation, permet de maintenir davantage de main-d’œuvre dans l’économie locale et favorise un haut niveau de qualification dans la population active.
Actions :
- Réutilisez un bâtiment existant dans la mesure du possible. Généralement, construire un bâtiment neuf demande plus de ressources que d’en requalifier un, et implique davantage de carbone intrinsèque. Même si une seule partie du bâtiment peut être réutilisée, comme la fondation et la structure, les avantages sont considérables sur le plan de l’économie et de la durabilité.
- Choisissez des matériaux d’origine et de production locales pour vous adapter au contexte établi, misez sur les connaissances et les corps de métier de la région et réduisez le carbone intrinsèque associé au transport. L’utilisation de matériaux provenant de la région permet également de soutenir l’économie locale.
- De même, la réutilisation de matériaux récupérés s’avère une bonne décision économique pour le projet de construction en cours ainsi que pour l’économie locale. Le fait de soutenir un réseau local d’échange de matériaux de réutilisation et le marché de la rénovation permettra de créer des écosystèmes de réutilisation dans une région donnée.
- L’utilisation limitée des matériaux est un bon indicateur de l’économie. Pour ce faire, éliminez les matériaux superflus afin de réduire le coût total par mètre carré et le carbone intrinsèque du projet. Pensez à utiliser des matériaux à fonctions multiples. Par exemple, les murs de contreventement sont intrinsèquement résistants aux chocs et peuvent servir d’écrans acoustiques et de coupe-feu. Limiter les couches de matériaux de finition, comme un revêtement de sol sur du béton ou du gypse sur un contreplaqué, peut réduire les déchets et le temps de remise en état après un sinistre.
- L’analyse du cycle de vie (ACV) permet de guider la sélection et l’utilisation efficace des matériaux selon les différentes catégories d’impact sur l’environnement. Ainsi, les architectes sont mieux à même de déterminer la durée de vie, le cycle de remplacement et le niveau d’investissement appropriés pour différents types de matériaux. Pour en savoir plus sur l’ACV, consultez la section Concevoir pour les ressources.
- Établissez la durée de vie proposée pour le bâtiment et créez un plan d’adaptation aux risques et dangers au fil du temps. L’ACV est particulièrement importante dans l’évaluation des risques ou des catastrophes futurs.
- Planifiez pour l’avenir : les stratégies qui augmentent les coûts initiaux permettent souvent de réaliser des économies à long terme. Par exemple, ajouter des systèmes d’énergie renouvelable coûtera plus cher au départ. Néanmoins, ce coût peut devenir nul ou positif au fil du temps, non seulement grâce aux économies d’exploitation, mais aussi grâce aux avantages indirects tels que l’absence d’interruptions.
- Travaillez avec les fabricants et les entrepreneurs généraux pour comprendre les meilleures façons de fabriquer des assemblages et des matériaux réutilisables. Les éléments modulaires, tels que les cloisons intérieures et la menuiserie intérieure fixée par des attaches mécaniques, sont faciles à déplacer selon les besoins, ce qui permet de préserver leur valeur sans incidence sur le carbone intrinsèque.
- Tenez compte de la durée de vie du projet pour concevoir les espaces locatifs en conséquence. Comment un projet peut-il intégrer des éléments d’aménagement intérieur qui dureront plusieurs cycles de location? Comment les finitions peuvent-elles être rendues flexibles pour s’adapter aux besoins des locataires?
Exigences opérationnelles
Le meilleur indicateur d’efficacité économique est la façon dont le bâtiment se comporte tout au long de son cycle de vie. Concevoir des bâtiments à rendement optimal en matière d’énergie, d’eau et de déchets permet d’en réduire les coûts d’exploitation. Et cette réduction de coûts ne requiert pas forcément un investissement initial plus élevé; si tel est le cas, ce coût additionnel peut souvent être regagné à titre de transaction positive nette dans un délai de récupération raisonnable.
Actions :
- Réduisez les besoins d’entretien en choisissant des matériaux plus durables, nécessitant un nettoyage moins intensif ou ayant un cycle de remplacement plus long. Comment le vieillissement des matériaux pourra-t-il offrir une finition nécessitant peu d’entretien? Comment les matériaux se comporteront-ils en cas de catastrophe? Vérifiez que les matériaux durables ne comportent pas de produits chimiques préoccupants et que leur production ne génère pas une forte intensité d’émissions.
- Comment les systèmes de construction favorisent-ils le bien-être, le confort, l’avancement et la productivité des individus? Des espaces confortables améliorent la santé et le bien-être tout en réduisant l’absentéisme et d’autres effets négatifs sur la santé.
- Comment les systèmes de construction favorisent-ils les économies de ressources? Le chauffage et la climatisation représentent environ 43 % de la consommation totale d’énergie aux États-Unis. Dans ce pays, les bâtiments représentent 12 % de la consommation totale d’eau. L’efficacité opérationnelle permet d’économiser de l’argent et des ressources. Au Québec, les bâtiments (résidentiels, commerciaux et institutionnels) accaparent le tiers de l’énergie consommée, selon l’’État de l’énergie au Québec 2025 publié par HEC Montréal. Le chauffage représente la majeure partie de cette consommation, soit près de 60 % pour les bâtiments résidentiels et 45 % pour les bâtiments commerciaux et institutionnels. Quant à la consommation d’eau potable, 68 % est attribuable au secteur résidentiel selon leRapport annuel de l’usage de l’eau potable 2023 du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec.
- Éliminez les combustibles fossiles servant au chauffage, à l’approvisionnement en eau chaude et à d’autres opérations du bâtiment. Par ailleurs, il pourrait être coûteux de moderniser les systèmes afin de se conformer aux codes et aux politiques qui seront mis en place pour limiter les émissions de carbone.
- Comment la conception du bâtiment contribue-t-elle à détourner quotidiennement des déchets des sites d’enfouissement? Le recyclage est-il pratique et prioritaire?
- Envisagez tous les usages possibles de la structure dans les 50 ou 100 prochaines années ou plus. Dans quelle mesure les espaces sont-ils flexibles? Pourront-ils servir à de nouveaux usages dans l’avenir sans reconstruction importante?
- L’atténuation des risques protège des vies, renforce la sécurité, prévient les pertes matérielles et réduit les perturbations de la vie quotidienne. Selon le Natural Hazard Mitigation Saves: 2019 Report du National Institute of Building Sciences, l’adoption de mesures d’atténuation des risques peut représenter une économie de six dollars pour chaque dollar investi dans les coûts d’intervention et de rétablissement en fonction du niveau de protection et du risque pris en compte.
Financement et mesures incitatives
De nombreux programmes soutiennent l’excellence en matière de conception et l’action climatique, mais les sources de financement sont en constante évolution. Recherchez des incitatifs, des subventions et des options de financement aux échelles locale, provinciale et nationale qui justifient l’investissement à long terme dans l’amélioration des performances. En voici quelques exemples : récupération du coût de l’énergie, économies d’eau, gains de productivité mesurés, subventions, accords d’achat d’énergie conclus avec des tiers et bien d’autres encore.
Actions :
- Visez des solutions économiques équitables qui améliorent les possibilités d’accès aux capitaux et aux ressources pour les collectivités défavorisées. Déterminez si une approche de conception ou un projet de construction peut déboucher sur une relation synergique avec la collectivité ouvrant des débouchés économiques pendant toute la durée du projet.
- Envisagez des modèles de financement émergents qui tirent parti de l’amélioration de la productivité au travail, de l’apprentissage des étudiantes et étudiants et de la réduction du temps d’absence pour cause de maladie afin de financer la mise à niveau de bâtiments en vue de les rendre plus sains et d’y améliorer la qualité de l’air intérieur.
- Discutez avec les clients et clientes des caractéristiques de construction efficaces ou saines qui procureraient des loyers plus élevés, différencieraient leur produit sur le marché, réduiraient le risque d’inoccupation ou favoriseraient l’engagement communautaire ou la résilience de la collectivité.
- Recherchez des crédits d’impôt pour bâtiments historiques ou d’autres crédits pour la restauration de bâtiments existants.
- Vérifiez si la municipalité offre des réductions de frais pour les projets d’aménagement qui respectent les normes de construction écologique.
- Effectuez des recherches sur les programmes de conservation et d’efficacité énergétique des entreprises de services publics financés par les contribuables.
- Renseignez-vous sur les termes utilisés par les investisseurs en capital et les promoteurs : valeur actualisée nette, rendement du capital investi, flux de trésorerie positif et délai de récupération simple. Faites valoir les améliorations directement auprès des investisseurs qui financent les projets.
- Renseignez-vous sur le bâtiment comme banque de matériaux, un concept de l’économie circulaire dans lequel les matériaux de construction peuvent être désassemblés et réutilisés afin de maintenir leur valeur. Des méthodes de financement novatrices qui récompensent cette approche sont en cours d’élaboration. Les entreprises qui s’engagent fermement à respecter les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peuvent déjà considérer la construction écologique comme un objectif central. Respectez les Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (en anglais. Voir le document Introduction à l’investissement responsable pour un aperçu en français)..
- Effectuez une analyse coûts-bénéfices afin de déterminer la rentabilité potentielle des mesures de résilience aux aléas. Déterminez si une évaluation des risques climatiques effectuée par un tiers afin d’atténuer les risques liés aux changements climatiques à l’échelle du projet serait bénéfique pour le bilan prévisionnel, le financement ou les taux d’assurance du client. Consultez la section Concevoir pour le changement pour en savoir plus.
Liens avec les collectivités
L’économie locale est celle qui compte le plus pour un bâtiment fixe. Il est essentiel que les gens qui résident dans les environs participent à la définition de l’avenir de leur collectivité et tirent des avantages de la construction du projet et des usages du bâtiment.
Actions :
- Les matériaux et les systèmes de construction d’origine locale forment un maillon de l’économie de la région. Choisissez des matériaux avec lesquels les artisans et artisanes de la région ont de l’expérience et donnez-leur une certaine liberté pour exprimer leur savoir-faire.
- Intégrez des possibilités de formation de la main-d’œuvre pendant le projet de construction. Il s’agit d’occasions d’acquérir des compétences précieuses et l’expérience nécessaire à l’avancement professionnel et au marché du travail.
- Offrez aux artistes de la région la possibilité d’exposer des œuvres d’art, ce qui permet de générer des retombées économiques locales et contribue à la création de liens entre le bâtiment et la collectivité.
- Encouragez les clients et les propriétaires de bâtiments à participer à des programmes qui profitent à la collectivité locale. Par exemple, concevoir un espace qui répond aux besoins du propriétaire et qui pourrait aussi être loué à un organisme communautaire peut produire des revenus supplémentaires pendant les périodes de sous-utilisation tout en profitant à la collectivité.
- Trouvez autant d’occasions de récupérer des matériaux que possible. De nombreux matériaux de construction ont une durée de vie utile supérieure à celle des bâtiments qu’ils servent à construire. Ces ressources incorporées peuvent avoir de nombreuses années de vie utile devant elles.
- Offrez aux petites entreprises et aux entreprises défavorisées la possibilité de participer à la phase de construction en organisant des réunions préalables à l’appel d’offres, en invitant les personnes de métier de la région et en rédigeant des devis qui favorisent des modèles équitables de réalisation de projets.
Estimation des coûts et ingénierie de la valeur
L’économie constitue l’équilibre entre le coût et la valeur. Toutes les équipes de conception comprennent le plafond de coût, mais une conception de grande qualité repose sur la façon de bonifier un projet afin d’en optimiser la valeur.
Actions :
- Les possibilités de réduction des coûts diminuent au cours du processus de conception. Il est donc essentiel de s’assurer que l’étude conceptuelle est rigoureuse et approfondie.
- Les mesures d’adaptation au climat sont plus faciles à justifier lorsqu’elles sont polyvalentes ou que l’investissement est rentabilisé au quotidien. Les dispositifs pare-soleil peuvent également protéger contre les pluies intenses. Les normes de la maison passive permettent de réduire les gains ou les pertes de chaleur et de diminuer la taille des équipements mécaniques. Des panneaux solaires et une batterie de secours peuvent alimenter un bâtiment pendant un ouragan et réduire les coûts de fonctionnement de l’éclairage, des prises de courant et des appareils électroménagers. Il s’agit d’options « à faibles regrets » qui sont avantageuses même en l’absence d’événement dangereux et sont des mesures gagnantes permettant de gérer plusieurs risques climatiques à la fois.
- Appliquez un processus de conception intégrée pour faire le rapprochement entre les choix de conception et les valeurs de la collectivité et de l’équipe du projet pour augmenter la probabilité que les choix de conception multiattributs survivent au couperet de l’ingénierie de la valeur.
- Dans le processus d’ingénierie de la valeur, la valeur est le terme clé; il s’agit de l’augmentation de la valeur de la conception d’un bâtiment par rapport à son coût. La valeur peut être considérée de plusieurs manières, pas seulement en fonction du coût initial.
- On peut aussi décrire ce processus comme étant une « amélioration de la valeur ». Dans tous les cas, la première question à se poser est la suivante : comment obtenir le maximum avec le minimum d’investissement? La réponse peut concerner le coût initial, l’allongement de la durée de vie des composants, l’amélioration des performances, la durabilité accrue, la multifonctionnalité d’un espace ou tout ce qui hausse la valeur du bâtiment pour le propriétaire.
- L’ingénierie de la valeur peut contribuer à la valeur du bâtiment en proposant une approche multidimensionnelle qui prend en compte l’ensemble de son cycle de vie et de sa durée de vie utile. Le processus peut s’appliquer à tous les aspects du bâtiment, de la sélection du site aux systèmes et produits servant à sa construction, en passant par l’élaboration des plans et programmes.
- Consultez le chapitre ROI: The economic case for resilient design (en anglais) de la série ROI of High-Performance Design de l’AIA pour découvrir les points clés à faire valoir auprès de votre clientèle, des autorités civiles, des fournisseurs et des architectes sur l’importance que revêt l’intégration de la conception résiliente et adaptée au climat pour protéger le bien-être social, augmenter la valeur et contribuer à la durabilité et à la résilience de l’environnement bâti.
- Le guide de l’AIA sur l’analyse du cycle de vie des bâtiments dans la pratique (en anglais) peut aider à répondre aux nombreuses questions qui se posent lors de la conception et de la construction d’un bâtiment écologique. Une ACV permet de renforcer les décisions prises par les architectes en les étayant de preuves scientifiques.
- Éviter les surcoûts liés aux projets verts est non seulement possible, mais plutôt judicieux. L’article How to Build Green At No Added Cost (en anglais) de BuildingGreen met l’accent sur des conceptions simples et efficaces qui permettent de réaliser des économies pendant de nombreuses années.
- Le rapport de la Fondation Ellen MacArthur intitulé What is the circular economy? (en anglais) propose un cadre de conception pour une économie réparatrice et régénérative. Le rapport Circular Economy in the Built Environment (en anglais), corédigé avec Arup, fournit plus de détails. L’agence d’architecture danoise GXN offre une ressource exhaustive, le livre Building a Circular Future, sur la conception axée sur le désassemblage, les passeports de matériaux et l’économie circulaire.
- Le guide facile à suivre How to Calculate and Present Deep Retrofit Value for Owner-Occupants (en anglais) aide à simplifier la conversion des bâtiments à haut rendement en valeur économique pour les investisseurs et la clientèle. Dans l’article Healthy Buildings: How Indoor Spaces Drive Performances and Productivity, les auteurs Joseph G. Allen et John D. Macomber démontrent le bien-fondé des bâtiments sains et proposent des stratégies pour les construire.
- La démarche européenne Buildings as Material Banks vise à promouvoir une économie circulaire des matériaux de construction. Le site propose de nombreuses ressources (en anglais).
Ressources québécoises et canadiennes
- Le site du ministère des Finances du Québec présente une liste des mesures écofiscales en vigueur dans la province.
- Hydro-Québec dispose d’un programme pour les autoproducteurs, c’est-à-dire des clients de son réseau qui produisent de l’électricité au moyen de leur propre installation. Les autoproducteurs peuvent recevoir des crédits pour l’énergie excédentaire qu’ils envoient vers le réseau si cette énergie est produite à partir de sources renouvelables. Il faut faire une demande à Hydro-Québec pour en bénéficier.
- La plateforme Québec circulaire vulgarise l’économie circulaire en plus de faire connaître les démarches inspirantes et les ressources en la matière.
- La page L’économie circulaire, une priorité, du site de RECYC-Québec répertorie de nombreuses ressources et mesures de soutien entourant l’économie circulaire.
Des ressources connexes sont répertoriées à la section Concevoir pour les ressources.
À venir
Guide Mieux concevoir
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