Une conception de qualité permet de préserver la qualité de l’eau, voire de l’améliorer, car il s’agit d’une ressource précieuse.

- Le projet utilise-t-il l’eau de manière judicieuse, en tenant compte de l’efficience et de la consommation tout en attribuant à chaque usage la qualité d’eau qui convient? Si oui, de quelle façon?
- Les systèmes d’approvisionnement en eau choisis pour le projet peuvent-ils continuer à fonctionner en cas d’urgence ou de perturbation? Si oui, comment?
- Les installations du projet gèrent-elles les précipitations et les eaux pluviales de manière responsable? Si oui, de quelle façon?
- Le projet contribue-t-il à la santé d’un bassin versant régional? Si oui, de quelle façon?
Principaux thèmes
- Changements climatiques, résilience et équité
- Utilisation efficace de l’eau potable
- Réduction de la consommation d’eau à l’extérieur
- Utilisation et gestion des eaux pluviales
- Réutilisation de l’eau de procédé
- Réutilisation des eaux grises et des eaux noires
- Bâtiment autonome en eau
Boîte à outils : Concevoir pour l’eau
Si vous ne pouvez faire qu’une chose (ou quelques-unes) :
- CARBONEUTRALITÉ : intégrez des stratégies de réutilisation et de réduction de l’eau; soyez au fait de la relation entre l’énergie, l’eau et le carbone.
- RÉSILIENCE : évaluez l’évolution des conditions climatiques; établissez des stratégies de gestion de l’eau pour ce qui est du bâtiment et du site; prenez en compte l’incidence sur le bassin versant.
- ÉQUITÉ : déterminez les parties prenantes touchées par les décisions relatives à l’utilisation de l’eau; prenez des mesures pour rectifier les iniquités historiques.
- SANTÉ : protégez les sources d’eau du site, des collectivités en aval et des consommateurs et consommatrices de demain. Intéressez-vous à la qualité de l’eau acheminée vers le site et à celle de l’eau qui en est évacuée.
Note : les passages en bleu indiquent des adaptations au contexte québécois.
Changements climatique, résilience et équité
Au Québec, l’eau potable est perçue à tort comme gratuite, abondante et accessible, ce qui favorise sa surconsommation. Le secteur résidentiel est responsable à lui seul de 68 % de l’eau consommée dans la province, et chaque personne en consomme en moyenne 245 litres par jour, comparativement à 220 au Canada et 184 en Ontario, selon le Rapport annuel de l’usage de l’eau potable 2023 publié par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation,
Cette surconsommation a un impact sur l’état des équipements de traitement de l’eau, et les municipalités, ont de plus en plus de mal à assumer la hausse des coûts de leur service d’eau. En fait, les revenus des municipalités ne couvrent que 40 % des coûts totaux liés au traitement de l’eau. Elles doivent se tourner vers les programmes de subventions du gouvernement du Québec, puiser dans leurs réserves ou emprunter pour combler l’écart. Il est donc très important de sensibiliser la population aux mesures d’économie d’eau pour pérenniser la ressource.
De plus, malgré l’abondance d’eau dont jouit le Québec, certaines municipalités et communautés autochtones souffrent de problèmes d’approvisionnement en eau potable. Cette situation peut être attribuable à une croissance démographique trop rapide, à des infrastructures d’eau déficientes, voire inexistantes, ou encore à des sécheresses, dont la fréquence et la sévérité sont appelées à augmenter avec les changements climatiques.
L’eau façonne la croissance économique, l’environnement et le tissu social de nos collectivités. Le fait d’intégrer les parties prenantes de l’eau à la prise de décision permet aux équipes de projet d’aider toutes les collectivités à préserver l’accès à une eau potable à la fois sûre, propre et abordable, en plus d’assurer le partage des avantages économiques, sociaux et environnementaux que présentent les systèmes d’approvisionnement en eau de haute qualité, équitables et résilients.
La résilience à l’égard de l’eau désigne la capacité d’un système individuel, communautaire ou à toute autre échelle à répondre et à s’adapter aux crises, et à en tirer des possibilités de transformation et d’amélioration. Elle englobe la capacité de la population entière, y compris les communautés vulnérables, à faire face aux divers chocs et traumatismes. Dans le contexte de l’eau, la résilience est la capacité à résister à la vulnérabilité que provoquent les impacts climatiques et les catastrophes naturelles. L’équité en matière d’eau fait référence à une inclusion juste et équitable, une situation dans laquelle tout le monde est en mesure de participer et de prospérer.
Une telle équité est assurée lorsque toutes les collectivités ont accès à des services de distribution d’eau potable et d’eaux usées à la fois sûrs, propres et abordables; sont résilientes face aux inondations, à la sécheresse et aux autres risques climatiques; ont leur place dans les processus décisionnels liés à la gestion de l’eau ; et partagent les avantages économiques, sociaux et environnementaux que présentent les systèmes d’approvisionnement en eau.
Il ne faut jamais perdre de vue que les services d’eau doivent être gérés de manière consciencieuse pour que les populations puissent continuer d’en bénéficier à long terme. Éviter le gaspillage et assurer la maintenance des réseaux d’égouts et d’aqueducs sont des impératifs pour toutes les collectivités.
Accès équitable aux systèmes d’approvisionnement en eau
- Assurez l’accès à des services d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux usées sécuritaires.
- Prenez en compte les avantages à long terme des infrastructures vertes dans les analyses économiques des plans de gestion des eaux pluviales. Mobilisez les responsables locaux en leur présentant la pleine valeur des infrastructures vertes. En calculant le rendement du capital investi, intégrez les avantages connexes, tels que les services écosystémiques et les facteurs liés à la qualité de vie.
- Soutenez et développez les services locaux de gestion de l’eau. Stimuler le dynamisme régional par l’intermédiaire des services de gestion de l’eau, notamment les réseaux d’entreprises, d’universités, d’organisations non gouvernementales et d’autres organisations exploitant le territoire pour créer des occasions économiques et catalyser l’innovation, est un moyen important d’accélérer l’adoption de nouvelles technologies.
- Déterminez qui sont les parties prenantes du bassin versant et assurez la participation des intervenants et intervenantes clés à la prise de décision, plutôt que d’entamer une discussion sur les exigences minimales du code.
- Cherchez un consensus au sein des parties prenantes sur des objectifs qui s’appuient sur les données historiques, les conditions actuelles d’accès à l’eau et les projections climatiques futures, et qui reflètent la tolérance au risque de la collectivité.
- Élaborez une « liste de souhaits » de la collectivité concernant les objectifs des systèmes d’approvisionnement en eau sur lesquels peuvent s’appuyer d’autres projets pour améliorer l’accès du voisinage à des systèmes d’approvisionnement en eau de qualité, équitables et résilients.
Résilience des systèmes d’approvisionnement en eau
- La présence d’eau stagnante ou d’une accumulation dans des installations de plomberie est un facteur de risque de développement et de propagation de la légionellose et d’autres bactéries associées. Lorsque de l’eau stagne pendant de longues périodes, la température de l’eau chaude peut baisser jusqu’à la plage de croissance des légionelles, soit de 25 à 42 degrés Celsius (de 77 à 108 degrés Fahrenheit). Envisagez l’élaboration d’un plan de gestion de la légionellose.
- Informez les propriétaires et le personnel d’entretien des risques liés à la fermeture prolongée des bâtiments.
- Envisagez de mettre sur pied un programme complet de gestion de l’eau pour votre système d’approvisionnement en eau et tous les appareils utilisant de l’eau.
- Rincez régulièrement votre système d’approvisionnement en eau et élaborez des protocoles pour l’entretien des bâtiments.
- Si le projet nécessite une continuité des activités, prévoyez un stockage d’eau potable suffisant pour desservir les gens qui occupent le bâtiment pendant la période prévue d’interruption du service.
- Si les réseaux d’égouts municipaux ne sont pas couverts par des génératrices de secours, les projets qui maintiennent les activités en cas de catastrophe peuvent nécessiter également des chambres de rétention des eaux usées adéquates.
Équité régionale
- Sachez comment le site du projet s’intègre dans le système régional d’approvisionnement en eau. Repérez le bassin versant et les eaux souterraines, et déterminez le fonctionnement du système régional d’approvisionnement en eau, dans le passé comme aujourd’hui.
- Établissez les risques liés à l’eau connus dans le bassin versant (par exemple, les inondations, les chutes de neige importantes, les tempêtes violentes et les épisodes de sécheresse extrême). Tenez compte de l’incidence des changements climatiques sur le site pendant la durée de vie du projet et planifiez la manière dont le site et le bâtiment seront adaptés à ces changements.
- Concevez le site en fonction des volumes et des taux d’évacuation de l’eau ainsi que de la qualité des eaux rejetées après l’aménagement afin d’améliorer ou de maintenir les systèmes régionaux d’approvisionnement en eau.
- Conservez et protégez les écosystèmes aquatiques, y compris les zones humides et les habitats aquatiques qui assurent des fonctions écosystémiques essentielles pour les poissons, les autres espèces sauvages et la population humaine.
- Élaborez une carte des parties prenantes du bassin versant et repérez celles qui seront touchées par les décisions prises dans votre projet.
- Recueillez des informations sur toute infrastructure de traitement des eaux usées desservant le site. Déterminez les processus de distribution et de traitement de l’eau, et l’endroit où les eaux usées seront rejetées. Si des installations de traitement municipales existent, analysez le coût moyen du traitement de l’eau, l’emplacement, la capacité, le type ainsi que le niveau de traitement du système des eaux usées et des installations de traitement. Évaluez l’adéquation du site aux options de traitement sur place, en respectant les codes et règlements locaux. Soyez au fait de la qualité de traitement requise et concevez des systèmes de traitement pour atteindre ces objectifs.
- Identifiez les risques de contamination provenant de sources industrielles, agricoles, de transport et résidentielles à proximité, susceptibles de surcharger les infrastructures de gestion de l’eau locales.
- Concevez le projet de manière à réduire le plus possible la mobilité des contaminants dans les eaux souterraines sur le site du projet. Sensibilisez les propriétaires de bâtiment à l’importance de minimiser l’utilisation de contaminants potentiels (chlorures, phosphates, etc.). Déterminez l’emplacement, la capacité, le type et le coût des systèmes d’approvisionnement en eau potable (et/ou non potable) desservant le site. Le plus souvent, il s’agit d’un approvisionnement municipal ou d’un puits local.
- Tenez compte à la fois des collectivités qui seront approvisionnées et des exigences propres au site et au quartier concernant l’emplacement des branchements.
- Déterminez la composition et la qualité de l’eau potable disponible pour le projet au moyen d’échantillonnages et d’analyses. Testez la turbidité, les contaminants et les additifs.
Utilisation efficace de l’eau potable
L’eau propre est essentielle à la vie, à la prospérité et au progrès. Malheureusement, force est de constater que certaines populations demeurent exposées aux problèmes liés à la qualité de l’eau potable au Québec. Cela dit, il existe des stratégies pour l’équité en matière d’eau. Elles englobent notamment l’accès à des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’eaux usées sécuritaires, fiables et abordables, dont les effets sur la collectivité environnante, la dynamique de l’écoulement de l’eau et les écosystèmes sont reconnus et atténués.
L’eau potable doit être captée, traitée et distribuée aux personnes qui l’utilisent de manière efficace par un réseau de distribution complexe qui demande une surveillance et un entretien continus. Généralement, en zone urbaine, les réseaux de distribution sont gérés par la Municipalité, tandis qu’en zone rurale, on utilise souvent des solutions sur place.
La première étape pour réduire la consommation d’eau potable consiste à déterminer où elle est réellement nécessaire. Est-il nécessaire d’utiliser de l’eau potable pour arroser la pelouse ou alimenter la tour de refroidissement?
Actions :
- Faites une analyse du bilan hydrique afin de déterminer les ressources en eau disponibles pour le projet, la quantité d’eau requise et la manière dont le système d’approvisionnement en eau est susceptible d’utiliser le moins possible de l’eau potable. Il convient d’analyser les ressources hydriques extérieures et intérieures comme un système unifié.
- Calculez la quantité d’eau utilisée par rapport au code de référence. Les calculs sont effectués annuellement selon l’usage du bâtiment (le personnel à temps plein plus les personnes visitant les lieux). La calculatrice de la feuille de calcul (Super Spreadsheet) élaborée par le comité sur l’environnement de l’AIA permet d’établir un point de référence et d’obtenir un pourcentage de réduction de la consommation d’eau.
- Utilisez des toilettes, des éviers et des appareils sanitaires à faible débit. De nombreux projets peuvent atteindre des réductions de l’ordre de 30 % par rapport au code moyennant des choix judicieux en matière de chasse d’eau et de débit. Cependant, de plus en plus de solutions visent des réductions de 50 % ou plus. N’utilisez que des appareils homologués WaterSense.
- Installez des compteurs permanents pour mesurer la consommation d’eau potable et assurez un suivi mensuel des données.
- Installez un système de détection et de surveillance des fuites afin d’alerter les propriétaires du bâtiment en cas de microfuites ou de problèmes plus importants.
- Selon des études effectuées sur le comportement des utilisateurs et utilisatrices, les toilettes à double chasse ne sont recommandées que pour un usage privé, par exemple dans une habitation privée. Dans les lieux publics, il est préférable d’utiliser des appareils à faible débit.
- Envisagez de fournir des sources continues d’eau potable utilisables dans les situations d’urgence ou lors d’autres perturbations.
- Pour aller plus loin, examinez la possibilité d’utiliser des urinoirs sans eau ou des toilettes à compostage. Il faut toutefois savoir que les technologies sans eau demandent un entretien supplémentaire et la formation des gens qui les utilisent.
Réduction de la consommation d’eau à l’extérieur
Réduisez ou éliminez la nécessité d’utiliser de l’eau potable pour l’aménagement paysager. L’eau captée sur place peut contribuer à la santé du bassin versant si des aménagements permettent de retenir, de refroidir et de nettoyer les eaux pluviales autant que possible : jardins de pluie, fosses végétalisées, zones racinaires adaptées et autres solutions perméables et fondées sur la nature reposant sur la structure du sol et les propriétés d’évaporation de la végétation afin de faire circuler l’eau localement et de dévier l’excès d’eau en toute sécurité lors d’épisodes de pluie intense.
Actions :
- Optez pour une toiture végétalisée dans la plus large mesure possible. Envisagez de mettre en place une toiture végétalisée aux endroits où l’aménagement sera visible et accessible à partir des espaces intérieurs prévus au programme.
- Captez et recueillez l’eau de pluie autant que possible. Envisagez d’utiliser cette eau pour l’irrigation et les chasses d’eau. Il est aussi possible de traiter les eaux pluviales en vue de répondre à la demande en eau potable du projet ou à la demande de la station de refroidissement.
- Réduisez au minimum les surfaces imperméables. Envisagez de superposer les espaces prévus au programme, de réduire le plus possible la taille des stationnements et de maximiser l’efficacité de la circulation des véhicules.
- La quantité d’eau qui s’écoule du site doit correspondre à l’état initial des lieux avant l’aménagement ou améliorer les conditions des terrains avoisinants.
- Tenez compte de l’hydrologie et de la géologie du site pour déterminer l’usage optimal des eaux pluviales (réutilisation, infiltration ou autre solution).
Réutilisation de l’eau de procédé
Selon le type de bâtiment, les eaux traitées peuvent servir à des fins industrielles ou de fabrication (ou pour laver la vaisselle ou les vêtements).
Actions : choisissez des lave-vaisselle, des machines à laver et des distributeurs d’eau à faible consommation d’eau. (Découvrez les produits Energy Star.)
Les condensats provenant des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation peuvent être récupérés et utilisés à d’autres fins, comme l’irrigation ou la chasse d’eau.
Si des équipements de refroidissement par évaporation ou des tours de refroidissement sont utilisés :
- utilisez l’eau non potable si possible;
- évitez le refroidissement à passage unique s’il y a utilisation d’eau potable;
- effectuez une analyse ponctuelle de l’eau potable, en mesurant au moins le calcium (Ca), l’alcalinité totale, le dioxyde de silicium (SiO2), le chlore (Cl) et la conductivité;
- maximisez les cycles de la tour de refroidissement et évitez de dépasser les valeurs maximales recommandées pour chacun de ces paramètres;
- installez un ou des compteurs d’eau d’appoint;
- installez des régulateurs de conductivité et des alarmes de débordement;
- installez des éliminateurs de gouttelettes efficaces.
Si des systèmes de chaudières et à vapeur sont utilisés :
- installez et entretenez un système de reprise de condensats pour les capter et les retourner dans le système en vue de leur réutilisation.
- installez des débitmètres sur les conduites d’appoint et de purge.
- installez un régulateur de conductivité pour contrôler automatiquement la purge.
- automatisez les systèmes d’alimentation en produits chimiques.
- discutez avec votre spécialiste en traitement de l’eau d’une solution de prétraitement ou de filtration secondaire.
Réutilisation des eaux grises et des eaux noires
Les eaux grises sont des eaux légèrement souillées qui, sans traitement ou avec un traitement minimal, sont réutilisables pour des usages non potables. La meilleure pratique consiste à utiliser toutes les eaux à différentes fins avant leur rejet. Les eaux noires sont des eaux fortement contaminées provenant des toilettes ou du réseau d’évacuation de cuisines commerciales. Sans un traitement adéquat, leur utilisation est dangereuse pour l’être humain.
Actions :
- Considérez les systèmes de purification de l’eau de pluie ou de traitement et de réutilisation des eaux grises et des eaux noires, les toilettes à compostage et les autres options de systèmes.
- En plus des sources typiques d’eaux grises comme les lavabos, les lave-vaisselle, les machines à laver, les douches, les pièges à condensat et les eaux usées de procédé, considérez toutes les sources d’eau possibles, y compris les eaux souterraines autour des fondations, les eaux de lavage, etc.
- Envisagez l’utilisation des eaux grises pour l’irrigation du site ou la chasse des appareils sanitaires.
- Envisagez des stratégies de traitement des eaux noires sur place, dont les terres humides artificielles.
Bâtiment autonome en eau
Aux États-Unis, l’utilisation d’eau nécessite de grandes quantités d’énergie. Par conséquent, les émissions de gaz à effet de serre qui y sont rattachées sont considérables, ce qui contribue au réchauffement de la planète. En effet, l’acheminement en amont, le traitement, le chauffage, le refroidissement ou la mise sous pression consomment de l’énergie. Dans ce pays, les émissions de carbone associées à l’utilisation d’eau s’élèvent à environ 290 millions de tonnes métriques par an. L’énergie nécessaire à l’approvisionnement en eau et au traitement de l’eau et des eaux usées constitue le coût énergétique le plus important pour de nombreuses municipalités locales.
Au Québec, en 2022, le traitement et le rejet des eaux usées a généré 0,38 million de tonnes métriques d’équivalent CO2 dans l’atmosphère, soit 26 % de plus qu’en 1990, d’après l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre.
Selon le site Web du programme de gestion de l’énergie du département de l’Énergie des États-Unis, une consommation d’eau nette zéro signifie que le bâtiment est autonome en eau, c’est-à-dire que la quantité d’eau utilisée et d’eau retournée à la source d’origine est égale à la consommation totale d’eau du bâtiment. L’objectif d’une consommation d’eau nette zéro consiste à préserver la quantité et la qualité des ressources naturelles en eau ainsi qu’à réduire au minimum la détérioration, l’épuisement et le réacheminement en utilisant d’autres sources potentielles d’approvisionnement et des mesures d’économie d’eau afin d’utiliser le moins possible l’eau potable distribuée.
Enfin, un bâtiment autonome en eau (ou campus) compense entièrement sa consommation d’eau.
Actions :
- Évaluez l’empreinte carbone des infrastructures de l’eau régionales en mesurant le carbone par litre d’eau acheminé au site.
- Faites le rapprochement entre les objectifs de conservation de l’eau et les stratégies de réduction du carbone.
- Évaluez les possibilités de piégeage du carbone à l’aide de pratiques d’aménagement à faible impact (AFI), telles que les fosses végétalisées, les toits verts, la collecte des eaux de pluie, les jardins de pluie et les rues vertes.
- Réduisez la demande en ayant recours à des technologies novatrices à faible consommation d’eau.
- Produisez d’autres sources d’eau pour compenser l’achat d’eau douce.
- Traitez les eaux usées sur place et réutilisez ou injectez les eaux usées traitées dans le système d’origine d’approvisionnement en eau.
- Mettez en place une infrastructure verte de captage des eaux pluviales permettant l’infiltration des eaux avant leur rejet à l’exutoire d’origine.
- WaterSense est une certification gérée par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (US EPA) permettant l’identification des appareils à faible débit qui propose également une base de données sur les produits. Le programme populaire d’homologation Energy Star du département de l’Énergie des États-Unis (DOE) et de l’EPA permet de certifier les appareils qui économisent l’eau et l’énergie. Utilisez cette liste de produits (en anglais) pour préciser les équipements propres aux cuisines commerciales et aux services de blanchisserie.
- Le calculateur de réduction de la consommation d’eau intérieure LEED v4 (en anglais) permet d’évaluer la consommation d’eau à l’intérieur et de calculer la réduction potentielle pour un projet de conception.
- Le Water Reuse Practice Guide (en anglais) présente des informations utiles, des exemples concrets et des données techniques, étape par étape, sur la conception et la construction des systèmes d’utilisation de l’eau de tous types et de toutes tailles à l’échelle du bâtiment ou du quartier.
- L’article de BuildingGreen Net-Zero Water and More: Moving Beyond “Low Flow” (en anglais) propose des stratégies pour redynamiser la gestion de l’eau qui répondent au besoin d’efficacité et de résilience à de multiples échelles.
- La purge du ventilateur ou l’eau d’appoint du refroidisseur sont toutes deux nécessaires pour éviter l’accumulation de sédiments dans le système. Toutefois, cette stratégie d’entretien consomme une grande quantité d’eau. Consultez le guide de gestion efficace de l’eau – systèmes mécaniques (en anglais) de l’EPA pour en savoir plus sur les stratégies connexes.
- En plus de l’outil SITES de l’U.S. Green Building Council (USGBC), la Green Infrastructure Foundation a mis au point un système d’évaluation pour les toits et murs végétalisés appelé Living Architecture Performance Tool. Il s’agit d’une liste exhaustive de toutes les fonctions et valeurs que peuvent apporter les surfaces vivantes, dont l’équilibre hydrique. Ce système sert de complément aux outils LEED et autres outils pour la conception de bâtiments et de sites verts.
- L’International Living Future Institute (ILFI) définit un bâtiment autonome en eau comme suit : « Cent pour cent de l’approvisionnement en eau du projet doit provenir des précipitations captées ou d’autres systèmes d’eau naturels en circuit fermé, et/ou du recyclage des eaux usées du projet, et doit être purifié selon les besoins, sans utilisation de produits chimiques. Toutes les eaux pluviales et les eaux rejetées, y compris les eaux grises et les eaux noires, doivent être traitées sur place et gérées soit par réutilisation, soit par un système en circuit fermé, soit par infiltration. Les eaux pluviales excédentaires peuvent être déversées sur des sites adjacents à certaines conditions. » [traduction]
- La Green Water-Infrastructure Academy (GWIA) a le mandat d’améliorer la santé humaine et la qualité de vie dans les environnements urbains mondiaux en promouvant la recherche, l’éducation et les programmes de sensibilisation en matière d’infrastructures hydrauliques vertes.
- Selon l’association Green Roofs for Healthy Cities, l’architecture vivante est le résultat de l’intégration de systèmes naturels et non naturels dans et sur les bâtiments, ainsi qu’en périphérie, comme les toits et les murs verts, entre autres infrastructures écologiques. L’architecture vivante révolutionne la façon dont nous concevons les bâtiments et les paysages en estompant la distinction entre l’environnement bâti et l’environnement naturel.
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