Maison Aubé 

yh2 - Yiacouvakis Hamelin Architectes

Le projet

Érigée en 1811 au bord de la rivière des Mille Îles, la maison Aubé est une demeure des patriotes implantée au cœur d’un vaste jardin, vestige d’anciennes terres agricoles. Habité par la même famille depuis des générations, ce site est devenu au fil du temps le théâtre d’une histoire architecturale et humaine multigénérationnelle. Face à l’évolution des usages et à l’accumulation d’interventions ponctuelles, les propriétaires ont souhaité redonner à la maison patrimoniale sa cohérence et sa force d’origine, tout en augmentant sa capacité d’accueil.

Le projet repose sur une démarche rigoureuse de restauration et de réinterprétation. L’enveloppe extérieure retrouve la pureté de ses formes initiales grâce à la démolition d’un agrandissement existant, au remplacement des ouvertures dans le respect des proportions d’origine et à la réfection de la toiture en bardeau de cèdre. À l’intérieur, la charpente apparente, les murs de pierre et le foyer central sont magnifiés, révélant l’authenticité matérielle de la maison. Une nouvelle double hauteur structure l’espace de vie principal et permet une lecture renouvelée de la charpente.

L’agrandissement contemporain, volontairement discret, s’insère entre les arbres matures du jardin. Sa volumétrie se dilate et se contracte pour préserver la nature existante. L’agrandissement s’organise le long d’une rampe centrale épousant la pente naturelle du terrain. Les matériaux — cèdre teinté ébène, bois sombre et toiture de galets — assurent une intégration paysagère sensible. Un passage vitré relie les deux bâtiments, agissant comme un seuil entre héritage et modernité.

La maison Aubé devient un ensemble organique et cohérent, où architecture, paysage et mémoire dialoguent avec justesse. L’intervention ne fige pas le patrimoine : elle l’inscrit dans une continuité vivante, faisant de la maison un véritable noyau familial. Le jardin, toile de fond de cette évolution, devient le théâtre de ce « vivre ensemble ». La maison patrimoniale, loin de rester figée dans le temps, devient mémoire, la mémoire d’un lieu qui s’écrit, se réinvente et se transmet.

Clients : Alain Bélanger et Christine Jost 

Lieu

Saint-Eustache, Québec, Canada

Commentaires du jury

Ce projet excelle tant pour sa mise en valeur du patrimoine que pour son ajout contemporain dont la matérialité étudiée engage un dialogue entre le passé et le présent.