L’évaluation des honoraires est un exercice sérieux : un mauvais calcul peut mettre en péril la réussite de votre projet et même nuire à la viabilité de votre firme. De plus, le Code de déontologie prévoit des obligations à cet effet.
Pour établir vos honoraires, vous devez avoir une idée claire des tâches à effectuer à chaque phase du projet et attribuer une durée à chacune d’elles. Afin de ne rien oublier, consultez la« Liste de contrôle pour la gestion du projet d’architecture » qui figure dans le Manuel canadien de pratique de l’architecture (MCPA), 3e édition, chapitre 5.1, annexe A*. Ensuite, aidez-vous des données comptables tirées de projets antérieurs pour attribuer un budget d’heures à chaque tâche.
La valeur des honoraires doit aussi être proportionnelle aux risques, à l’envergure et à la complexité du projet (contexte patrimonial, défis technologiques, etc.). L’importance de la responsabilité assumée et l’existence d’un décret ou d’un tarif reconnu doivent aussi être prises en compte. Consultez les articles 12 et 54 du Code de déontologie pour plus de détails.
Les honoraires sont habituellement établis selon l’une des trois méthodes suivantes ou une combinaison de celles-ci : pourcentage du coût des travaux, montant forfaitaire ou taux horaire (ou à la journée). Il est recommandé d’effectuez des simulations avec différentes méthodes afin de faire un choix éclairé.
Les méthodes à forfait et à pourcentage sont les plus répandues. La méthode forfaitaire rassure le client ou la cliente et oblige l’architecte à faire un suivi serré de la rentabilité. Elle n’est toutefois pas sans risque, car elle exige de prendre en compte l’ensemble des coûts (main-d’œuvre directe et indirecte, dépenses, profit, etc.). Quant à la méthode du taux horaire ou du taux à la journée, elle est indiquée pour les petits mandats, les services supplémentaires ou lorsqu’il manque certains détails quant à la portée des travaux (lorsque le terrain n’est pas encore choisi, par exemple).
Pour déterminer les taux horaires et les pourcentages du coût des travaux, reportez-vous au contrat type de l’Association des architectes en pratique privée du Québec, au Guide aidant à déterminer les honoraires appropriés pour les services d’un architecte de l’IRAC ou au Tarif d’honoraires pour services professionnels fournis au gouvernement par des architectes (décret 2402-84). Notez toutefois que ce dernier n’a pas été mis à jour intégralement depuis 1984 et que les taux horaires n’y ont pas été indexés depuis 2009. Par ailleurs, une indexation temporaire (décret 193-2023) a été émise le 8 mars 2023 et sera en vigueur jusqu’au 5 janvier 2024.
Quelle que soit la méthode choisie, assurez-vous d’une marge de manœuvre afin d’éviter de devoir renégocier en cours de mandat, par exemple si les autorisations municipales se font attendre ou si le chantier prend du retard.
Astuce : Obtenez un mandat distinct concernant la surveillance de chantier et l’administration de contrat en préparant une nouvelle offre de services. Il sera ainsi plus facile de définir les besoins, comme la fréquence des visites, et de présenter la valeur ajoutée de ces services une fois la conception du projet terminée.
Enfin, si vous songez à réduire vos honoraires pour mieux faire face à la concurrence, rappelez-vous que vous avez l’obligation de produire des documents complets pour les fins auxquelles ils sont destinés et de respecter les règles de l’art (Code de déontologie, articles 10 et 29).
Pour plus de détails
- Formation Les contrats de service, OAQ
- Guide Lancer sa firme d’architecte dans votre Espace membre
- MCPA, 3e édition, chapitre 3.9
* La version imprimée de cet article fait référence à l’édition antérieure du MCPA.