Esquisses, vol. 29, no 1, printemps 2018

Multimédia

J'aime Hydro

Christine Beaulieu

Après le succès remporté en 2016 et en 2017 par la pièce en cinq parties J’aime Hydro, de la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole, la publication du texte s’imposait. Le livre est à l’image du spectacle : facile d’accès malgré le sujet complexe, notamment grâce aux illustrations. Un spectateur l’ayant vu joué retrouve le texte avec un plaisir et un sentiment de familiarité auxquels s’ajoute l’intérêt d’avoir sous la main les références présentées sur scène (extraits de films, rapports de commissions, noms et titres d’experts, etc.). Ceux n’ayant pas eu cette chance en apprendront beaucoup avec cette enquête palpitante sur les choix faits depuis 70 ans en matière énergétique et les enjeux auxquels est désormais confronté le Québec. Les points de vue contradictoires sont exposés. Il n’y a ni coupable ni victime. Comme toute relation amoureuse, celle entre Hydro et la société québécoise se joue à deux !

Atelier 10, collection « Pièces », 2017, 255 pages

Échelles

Voici une nouvelle revue née de la rencontre de cinq designers sur les bancs de l’École de design de l’environnement de l’UQAM. Leur objectif : implanter une plateforme de partage pluridisciplinaire, diversifiée et inclusive en regroupant une fois par an des essais, des critiques, des histoires, des entrevues, des conversations et des réflexions à propos de l’environnement bâti. Le contenu, qui s’appuie sur une recherche graphique élaborée, « danse » entre le français et l’anglais. Le dossier du premier numéro se penche sur le non-lieu, un thème que les auteurs explorent très librement. Pour chaque numéro, un appel à participer en soumettant des textes et des illustrations est lancé. Le numéro 2 portera sur les spolia, terme latin qui réfère aux parties d’un bâtiment recyclées et réutilisées dans des structures nouvelles.

Revue Échelles, no 1, 2017, 138 pages

  

 

 

 

 

 

Mobitecture : Architecture mobile

Rebecca Roke

Cet ouvrage paraît ludique, voire frivole, au premier regard. Mais, en présentant des exemples de structures architecturales mobiles, réalisées par des architectes ou non, il ne manquera pas de stimuler l’imagination des concepteurs. Leurs formes, leurs tailles, leurs matériaux, leurs modes de transport (humain, roues, patins, eau) et leurs usages semblent infinis. Plusieurs réalisations canadiennes y figurent, dont une cabane de pêche sur glace québécoise. Outre cet exemple d’architecture mobile vernaculaire, le livre permet aussi de réfléchir à des enjeux tels que la mobilité active, les minimaisons, le logement des itinérants ou les abris en situation de crise humanitaire. Pas si futile !

Phaidon, 2017, 324 pages

 

 

Utopia – Architecture et utopie

Série documentaire de Camille Juza, réalisée par Guillaume Baldy

La ville féérique, Silicon-Valley-sur-mer, Dessine-moi une prison et Quand l’architecture s’efface : voici les quatre thèmes de cette série radiophonique fascinante. Chacun est exploré à travers des reportages sur le terrain, des entrevues, des lectures, des extraits d’archives sonores et moult exemples. Le premier épisode se penche sur les liens « incestueux » que l’architecture et l’urbanisme entretiennent avec les parcs d’attractions, ces derniers finissant par modeler la forme même de nos villes. On y apprend notamment que l’idée d’ériger des gratte-ciel à Manhattan découle du succès des parcs d’attractions de Coney Island, un aspect traité par l’architecte Rem Koolhaas dans son livre New York Délire, ou encore que Walt Disney parlait « d’imagenierie » pour désigner la conception d’espaces. Le site de l’émission détaille les références et propose des films ou extraits de films permettant de prolonger la découverte.

Balado : France Culture, émission LSD, La série documentaire, du 25 au 28 décembre 2017,

 

 

Montréal et le rêve géodésique

Sous la direction de Cammie McAtee

Le concepteur de structures Jeffrey Lindsay a bâti sa carrière avec sa passion pour une forme particulière : le dôme géodésique. Montréal et le rêve géodésique retrace l’histoire de cette passion et de l’intérêt plus général pour cette forme inusitée en trois temps. Le court document débute par le parcours de Lindsay. On y découvre l’histoire de son premier dôme, le Winterbreak, érigé dans un champ de Baie-d’Urfé, puis on suit la carrière du designer jusqu’à la reconstruction de la même structure 11 ans plus tard, sur les collines de Los Angeles. La seconde partie s’intéresse aux théories géométriques qui sous-tendent les constructions géodésiques. Le livre se termine par une histoire parfois croustillante du dôme géodésique le plus emblématique : le pavillon américain d’Expo 67, devenu la Biosphère de Montréal. Un portfolio ajoute une touche visuelle en présentant les constructions les plus importantes de ce mouvement. Produit en complément d’une exposition du Centre de design de l’UQAM, ce catalogue dresse un portrait à la fois complet et fascinant de l’engouement pour les structures circulaires.

Dalhousie Architectural Press, 2017, 120 pages

 

 

Dan Hanganu : Works 1981_2015

Sous la direction d’Essy Baniassad

Éloge illustré de la contribution de Dan Hanganu à l’architecture québécoise, cet ouvrage recense 12 œuvres phares de cet architecte novateur, emporté subitement en octobre dernier. De Pointe-à-Callière à la bibliothèque Monique-Corriveau, la démarche singulière de Hanganu, marquée par l’expérimentation avec les matériaux et le souci du détail, apparaît dans toute sa splendeur. Plans, élévations, photos et descriptions de projets sont analysés par des auteurs qui ont commenté sa production au fil des dernières décennies. L’architecte, critique et historien d’origine britannique Kenneth Frampton, ami et grand admirateur du travail de Hanganu, signe l’une des préfaces. Mis à part une contribution de son ex-collaborateur Gilles Prud’homme, tous les textes sont rédigés en anglais. Cela n’enlève rien à la pertinence de l’ouvrage, qui se révèle désormais incontournable afin d’apprécier pleinement la marque indélébile de cet architecte hors du commun.

Dalhousie Architectural Press, 2017, 184 pages