Esquisses, vol. 29, no 4, hiver 2018-2019

Brèves

Toronto — Habitat 67, version 2.0

Projet King Street West, Toronto, Bjarke
Ingels Group, Diamond Schmitt Architects
Illustration : Westbank, Bjarke Ingels Group

Toronto a approuvé en septembre la construction d’un ensemble immobilier à vocations multiples en plein centre-ville. Sa particularité? Il ressemble à s’y méprendre à Habitat 67, à Montréal, dont les architectes se sont inspirés pour sa conception. Comme l’œuvre phare de Moshe Safdie, l’ensemble King Street West sera constitué d’une empilade soigneusement désordonnée de cubes de béton, des «pixels», comme les appelle Jesslyn Guntur, directrice des communications du cabinet d’architectes danois Bjarke Ingels Group (BIG), à l’origine du projet. Disposés de façon à évoquer la forme de collines et de vallées, ils seront en partie couverts de végétation. King Street West – situé rue King, d’où son nom – s’étendra sur 0,14 hectare et comprendra environ 5 «collines» dont la hauteur variera de 6 à 14 étages. En plus de 514 condos, on y trouvera notamment des boutiques, des bureaux, une place publique et un jardin communautaire. Aucune date n’a encore été fixée pour le début des travaux. (Daniel Chrétien)


Montréal — Six étages de plus, sans grue !

Agrandissement en hauteur de l’hôtel Le Germain, Montréal, Lemay Michaud
Illustration : Lemay Michaud

L’hôtel Le Germain, au centre-ville de Montréal, comptera dès cet hiver six étages de plus. Cet agrandissement « par le haut », signé Lemay Michaud Architecture Design, sera réalisé sans la moindre grue, grâce à la technologie Upbrella. Le principe est assez novateur : la construction commence par le toit, qui est hissé vers le haut au fur et à mesure que les étages sont érigés par en dessous. L’immense avantage réside dans le fait que les ouvriers – et les matériaux – se trouvent à l’abri des intempéries. Normal, ils ont toujours un toit au-dessus de la tête ! Dans le cas de l’hôtel, il s’agit d’un atout majeur, car les travaux se dérouleront en pleine saison froide, entre novembre et mars. Autre atout : la superficie du chantier est réduite à son minimum. « Le Germain est situé dans un secteur très achalandé du centre-ville où il n’est pas possible d’installer une grue  à tour », explique Jacques Gauthier, vice-président au développement des affaires chez Upbrella. Après le Rubic, un immeuble d’habitation de 10 étages construit en 2016, l’agrandissement du Germain est le deuxième projet de l’entreprise à Montréal. La technologie Upbrella, créée au Québec il y a cinq ans, est aujourd’hui brevetée dans 15 pays. (DC)


New Delhi — Quand les architectes passent l'aspirateur

The Smog Project, New Delhi, Znera Space
Illustration : Znera Space

Le cabinet d’architectes Znera Space, situé à Dubaï, propose de purifier l’air de New Delhi, la capitale de l’Inde. Son Smog Project consiste en une série de filtres à air d’une hauteur d’environ 100 m – soit la moitié de la Place Ville-Marie – pouvant chacun produire 3,2 millions de mètres cubes d’air propre par jour. L’air est aspiré à la base de chacune des tours avant de passer à travers cinq étapes de filtration. Selon les plans, les particules de carbone captées seront notamment transformées en graphite, en engrais ou en système de filtration d’eau. L’Indien Najmus Chowdhry, architecte principal du projet, compare la capitale indienne à une véritable chambre à gaz. « Tous les politiciens se renvoient la balle, affirmait-il en septembre à la chaîne CNN, mais la balle arrête ici. » (DC)

 

 

Le poids des nombres

39,9 %

C’est le pourcentage de nouveaux ménages qui se sont installés dans un aménagement axé sur le transport en commun (AATC, en anglais TOD) au cours des six dernières années dans le Grand Montréal. Pour les auteurs du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), c’est mission accomplie ou presque. Le PMAD, adopté en 2012 par la Communauté métropolitaine de Montréal, prévoit que, d’ici 2031, de 40 à 60 % des nouveaux ménages vivront dans un AATC, c’est-à-dire dans un secteur structuré autour d’une station de métro, d’une gare de train ou d’un arrêt d’autobus.


Erratum

Les erreurs suivantes nous ont été signalées dans le numéro d’Esquisses de l’automne 2018 (vol. 29, no 3):

Article «Sceau et signature: Mode d’emploi»

• Page 49, sous l’intertitre « L’appel d’offres électronique », le texte aurait dû se lire comme suit : Selon le Code de déontologie, les plans et devis émis pour soumission doivent être scellés et signés (article 30). Toutefois, lorsque ces plans et devis sont diffusés par voie électronique, sur SEAO par exemple, une version non scellée et signée doit être utilisée et inclure dans le cartouche la mention suivante : « Version conforme à la version originale scellée et signée en possession du maître de l’ouvrage ».

La version en ligne a été corrigée.  

Article «Expérimentation: Éliminer le pare-vapeur grâce au CLT»

• Page 45. Le nom du fournisseur québécois du bois lamellé-croisé aurait dû être écrit Nordic Structures et non Nordik.

• La conclusion de l’article suggère qu’il faut faire une demande de mesures équivalentes ou différentes auprès de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) afin d’employer du bois lamellé-croisé en guise de pare-vapeur. Or, la RBQ nous confirme le contraire : « Le dépôt d’une demande de mesures équivalentes ou différentes à la RBQ n’est pas nécessaire si la perméance du produit utilisé pour jouer le rôle de pare-vapeur correspond aux exigences réglementaires. En considérant que les résultats des tests effectués par le Centre de recherche FPInnovations sont conformes aux exigences de la norme ASTM E 96/E 96M – Water Vapor Transmission of Materials, le CLT pourrait être considéré comme pare-vapeur. »

La version en ligne a été corrigée.