Esquisses, vol. 30, no 4, hiver 2019-2020

Brèves

René Menkès (1932-2019) : Un legs d’envergure

Le Hilton Québec
Photo : Archives MSDL

Le Complexe Guy-Favreau, la tour Scotia et la tour McGill College sont autant de projets qui ont façonné le paysage montréalais et qu’on doit à René Menkès, qui nous a quittés en octobre dernier. Ce protagoniste de l’architecture moderne et contemporaine laisse derrière lui un remarquable héritage et demeure une inspiration pour ses pairs. 

« Si René Menkès a travaillé jusqu’à 74­ ans, c’est qu’il aimait son travail et croyait fondamentalement que l’architecture est l’une des plus belles professions et l’une des plus valorisantes qui soient », témoigne son collègue et associé Yves Dagenais, qui l’a côtoyé pendant plus de 40 ans.

À Montréal, l’architecte de renom a aussi signé l’immeuble Le Cartier, la tour BNP-Paribas, la tour KPMG et l’École de musique Schulich, l’un des pavillons de son alma mater, l’Université McGill. Outre ces réalisations, René Menkès a contribué à l’essor du cadre bâti de plusieurs villes d’ici et de l’étranger, dont Québec, Ottawa, Toronto, Calgary, Londres et Shanghai. 

« Il a largement contribué, par son sens de l’éthique inébranlable, à faire de l’architecture une profession respectée et respectueuse, ajoute Yves Dagenais. Nous lui serons toujours reconnaissants d’avoir fait partie de notre équipe avec autant de dévouement. »

Son associée Anik Shooner garde de lui l’image d’un grand humaniste qui a su insuffler ses valeurs à la firme. « L’humain est au centre de notre façon de travailler, de nos relations avec les clients et au cœur de l’architecture que nous mettons en œuvre », lance celle qui a connu René Menkès au début de sa carrière,  en 1986, et le considérait comme un mentor. « Il nous a beaucoup appris, surtout la détermination, l’écoute, la quête de l’excellence et l’autonomie », ajoute-t-elle.

En 1955, diplômé en architecture de l’Université McGill, René Menkès quitte Montréal pour New York dans le but d’approfondir sa maîtrise des principes de construction de grande hauteur. C’est fort de son expérience qu’il revient à Montréal, six ans plus tard, pour cofonder Webb Zerafa Menkès Housden Partnership, l’une des plus importantes sociétés d’architecture pancanadiennes.

En 1994, il cofonde une nouvelle firme avec Anik Shooner et Yves Dagenais. Rejoints par Jean-Pierre LeTourneux en 2004, ils forment Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes (MSDL). Depuis, six nouveaux actionnaires se sont joints à l’équipe. « René était vraiment heureux de voir se construire ainsi la pérennité de sa firme », souligne Anik Shooner. (Pascaline David) 

 

MDB : Virage numérique en cours

Au Forum québécois BIM-PCI, le 5 septembre dernier, une mise à jour de la première phase de l’Initiative québécoise pour la construction 4.0 a été présentée par le Groupe BIM du Québec, qui a mis ce projet en place avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation afin d’accompagner l’industrie de la construction dans le déploiement de la modélisation des données du bâtiment (MDB, en anglais BIM). 

Soixante-dix entreprises, dont une quinzaine de firmes d’architecture, ont été sélectionnées pour entreprendre ce virage, et 46 ont jusqu’ici été soumises à un diagnostic. Elles recevront ensuite un plan d’action adapté à leur réalité qui comprendra des cibles de performance et prévoira un suivi.

« C’est l’une des premières initiatives au monde en matière de modernisation et d’amélioration de la performance et de la productivité dans l’industrie de la construction par le virage numérique », indique Érik A. Poirier, vice-président du Groupe BIM du Québec.

D’ici 2025, la numérisation à grande échelle de l’industrie du bâtiment entraînera des économies de 13 à 21 % dans les phases de conception, d’ingénierie et de construction, et de 10 à 17 % dans celle de l’exploitation de l’ouvrage, selon des données du Boston Consulting Group, un cabinet-conseil en stratégie. Elle permettra également de resserrer les échéanciers de réalisation des projets ainsi que de mettre en place des chantiers plus sécuritaires et mieux adaptés aux défis du développement durable.

Il est possible de s’inscrire en tout temps pour les prochaines vagues de sélection d’entreprises. Le Groupe BIM vise la participation de 400 d’entre elles sur 4 ans.
(Pascaline David)

Pour s’inscrire : constructionnumerique.ca/diagnostics

 

Accessibilité : Impact financier dévoilé

Une nouvelle étude de la Régie du bâtiment du Québec publiée en octobre a permis d’évaluer à 550 $ le coût additionnel moyen de construction d’un logement adaptable. Le coût additionnel de construction d’un logement « visitable » par une personne à mobilité réduite, lui, est estimé à 250 $ en moyenne. 

L’étude fait suite à l’entrée en vigueur, en septembre 2018, de la nouvelle réglementation qui impose à l’intérieur des logements neufs une accessibilité minimale, c’est-à-dire suffisante pour qu’une personne à mobilité réduite puisse accéder à la salle de bain, au séjour et à la salle à manger, et y circuler aisément.

Cette réglementation permet également aux maîtres d’ouvrage de construire des logements « adaptables », c’est-à-dire dont on peut facilement transformer les espaces selon les besoins d’une personne ayant des contraintes physiques.

« On pense souvent que l’accessibilité requiert des superficies additionnelles, qui représentent des coûts substantiels, explique Isabelle Cardinal, architecte et directrice des services de consultation de Société Logique. L’étude d’impact démontre au contraire qu’une conception judicieuse de l’espace permet de réaliser des unités résidentielles tournées vers l’avenir, sans compromettre la viabilité financière des projets. »

Société Logique a contribué à l’étude d’impact en modifiant des plans de logements actuellement construits au Québec pour y appliquer les nouvelles exigences. (Pascaline David)