Esquisses, vol. 27, no 3, automne 2016

Grand NordAméliorer le logement

Projet « Illuqarviviniq – imaginer les rives d’Inukjuak », Mathieu Avarello, Marianne Garneau-Charbonneau, Guillaume Larouche et Ève Renaud-Roy

Construire des bungalows de banlieue dans le Grand Nord, ce n’est pas l’idée du siècle. Pourtant, c’est pratique courante. Deux projets de recherche tentent de trouver de meilleures solutions, en collaboration avec les populations concernées.

Hélène Lefranc

 

La surpopulation et les conditions de logement  inadéquates dans le Grand Nord sont des phénomènes connus, tout comme leurs liens avec divers problèmes de santé : transmission de maladies infectieuses, troubles respiratoires, stress, troubles mentaux, problèmes de développement chez les enfants, etc. Toutefois, ces liens demeurent peu étudiés. La chercheuse Mylène Riva, du Centre de recherche du CHU de Québec, mène donc une étude pour évaluer les impacts de l’accès à de nouvelles maisons sur la santé et le bien-être des Inuits. 

L’étude, réalisée en partenariat avec les autorités locales, se déroule dans huit communautés du Nunavik et six communautés du Nunavut où de nouveaux logements sociaux ont été construits en 2015. Les chercheurs évaluent les habitants de 1 à 4 mois avant leur déménagement, puis 18 mois après. L’objectif est d’acquérir des connaissances qui permettront de mieux adapter les politiques du logement. 

La chercheuse participe aussi à un projet plus vaste intitulé « Habiter le Nord québécois : Mobiliser, comprendre, imaginer », dirigé par l’architecte et professeure Geneviève Vachon de l’École d’architecture de l’Université Laval. Cette recherche-action porte sur l’adaptation culturelle et climatique de l’habitat des communautés inuites du Nunavik et des communautés innues du Nitassinan. Bénéficiant d’un financement échelonné de 2015 à 2020, elle vise à élaborer des modèles de maisons et des propositions d’aménagement urbain pour les villages du Grand Nord – certaines ont d’ailleurs déjà vu le jour.

Projet « Consolidation à cœur ouvert – comment affirmer les centralités de Kuujjuaq », Laurence Gaudette, Julien Landry, Brigitte Messier-Legendre et Laurence St-Jean

Le projet s’intéresse aussi à la gouvernance, notamment au processus de collaboration et de codesign avec les habitants. Il s’agit de croiser les savoirs autochtones avec ceux des divers domaines de l’aménagement des milieux de vie (architecture, design urbain, géographie, santé, sociologie, sciences politiques), en laissant place à l’imagination dans la conception.

Plusieurs partenaires institutionnels autochtones et allochtones contribuent à cette initiative. En plus de l’Université Laval, les chercheurs proviennent de l’Université McGill, de l’Université du Québec à Montréal, de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Strasbourg et du Cégep de Sept-Îles. Des firmes de professionnels sont également associées : ABCP, DMG architecture, EVOQ Architecture, Groupe A/Annexe U, Hatem + D (Étienne Bernier Architecte) et Marc Blouin, architecte.