Esquisses, vol. 30, no 2, été 2019

ÉditorialLe temps des réjouissances

par Nathalie Dion, présidente de l'Ordre des architectes du Québec

 

Nous avons deux bonnes raisons de nous réjouir en ce début d’été. D’abord, c’est avec beaucoup de fierté que nous vous offrons, pour la première fois, un numéro d’Esquisses consacré aux lauréats des Prix d’excellence en architecture. Un magazine complet pour célébrer la qualité en architecture et pour rendre hommage à ceux et celles qui en sont les garants au Québec.

J’en profite pour féliciter les gagnants et pour remercier toutes les firmes qui ont soumis leur candidature cette année.

Permettez-moi d’ailleurs une observation: le grand prix d’excellence 2019 est allé à un projet issu d’un concours d’architecture. Encore une fois. Décidément, la preuve que cette procédure contribue à la réalisation de bâtiments de grande qualité n’est plus à faire.

En revanche, il est dommage de constater qu’aucun des projets examinés par le jury n’a pu remporter la mention en accessibilité universelle. On en est à se questionner sur la compréhension qu’ont de cette notion les professionnels et les maîtres d’ouvrage. Ce rendez-vous manqué montre qu’il y a un effort supplémentaire à faire de ce côté. Comme l’ont démontré les résultats de la conversation publique sur une politique québécoise de l’architecture menée en 2017 par l’OAQ, cet aspect fait pourtant indéniablement partie des attentes du public.

Du côté des distinctions, nous avons rafraîchi nos récompenses afin de mieux souligner l’apport exceptionnel de personnes qui font avancer l’architecture au Québec. Leur travail, leur engagement et leur parti pris contribuent à ce que le rôle de l’architecture dans la société soit mieux compris et plus apprécié.

On sent d’ailleurs que l’importance de la qualité en architecture est une idée qui commence à faire son nid, et dans l’opinion publique, et dans les plus hautes sphères décisionnelles.

Un vaste chantier qui s’ouvre

Ce qui nous amène à notre deuxième objet de réjouissance. L’OAQ applaudit l’annonce, faite le 5 avril dernier par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, et par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, concernant le début des travaux sur la Stratégie québécoise de l’architecture.

L’élaboration de cette Stratégie, à laquelle l’OAQ prend part, vise «l’adoption de pratiques exemplaires dans les projets menés par l’État et la mise en place de mesures incitatives dans ceux qu’il subventionne», comme le mentionne le communiqué officiel. Ultimement, la Stratégie contribuera à renforcer, au sein de la société québécoise, l’idée que l’architecture constitue un élément indissociable de la qualité de notre cadre de vie.

L’OAQ tient à saluer la sagesse dont a fait preuve le gouvernement Legault en conservant les orientations relatives à l’architecture dans la politique culturelle élaborée par son prédécesseur. C’est là une prise en compte des préoccupations de nombreux intervenants, dont l’OAQ, qui se sont exprimés lors des consultations.

C’est aussi un progrès significatif pour l’architecture, qui bénéficiera ainsi d’une vision gouvernementale cohérente. Car il faut reconnaître que les ministères ne sont pas tous aussi sensibles à la qualité du cadre bâti. En se dotant d’une telle stratégie, l’État s’assure que l’ensemble des projets publics seront animés du même souci pour la qualité architecturale, quel que soit le ministère dont ils sont issus.

C’est une perspective emballante, car l’abondance de projets publics récompensés d’un prix d’excellence en architecture le confirme: quand les pouvoirs publics ont à cœur la qualité architecturale, celle-ci progresse à pas de géant.

Et l’environnement dans lequel nous vivons se porte mieux.